Photo : ojogabonitoo / 123RF

Le bon temps est terminé et les conseillers devront composer avec un vent de face sur les marchés, après l’avoir vu souffler dans leur dos depuis un certain temps. Pas de panique! Il existe des stratégies pour vaincre la tempête, soutient un récent article de Financial Advisor IQ.

Patrick Nolan, conseiller en stratégies d’investissement pour BlackRock, annonçait récemment dix ans de volatilité sur les marchés à des conseillers réunis pour une conférence de Fidelity Investments. Selon lui, les indices produiront seulement 5,4 % de rendement dans la prochaine décennie. Les actions américaines et les bons du Trésor sur dix ans devraient procurer respectivement 7 % et 3 % de rendement. 

Dans ces conditions, il sera difficile, mais pas impossible, de générer de bons rendements pour vos clients. M. Nolan propose de porter attention à quatre éléments pour y arriver.

1. Éliminer les frictions sur le rendement

Les conseillers doivent diminuer ce qu’ils paient en frais de gestion et devenir plus efficaces fiscalement. S’ils peuvent seulement procurer un taux de rendement de 5,4 % avant frais et taxes, ils doivent faire baisser ces derniers, afin d’augmenter les montants que leurs clients toucheront.

2. S’exposer aux facteurs de rendement

Selon M. Nolan, les conseillers doivent aussi apprendre à travailler avec l’investissement factoriel. Cette stratégie consiste à choisir des placements indiciels en se basant sur des attributs spécifiques, comme la valeur ou la volatilité, pouvant produire de hauts rendements. Si les conseillers veulent générer du rendement à bas prix, ils doivent envisager ces solutions. 

Il n’est pas étonnant d’entendre un représentant de BlackRock vanter ce type de placement, puisqu’il s’agit de la nouvelle marotte de la firme, comme le rappelait récemment Bloomberg. 

BlackRock a ouvertement indiqué qu’elle mènerait une campagne afin de convaincre les conseillers de dépasser la scission traditionnelle entre croissance et valeur lorsqu’ils discutent de fonds négociés en Bourse (FNB) avec leurs clients.

Le géant pousse même l’introduction d’une nouvelle grille factorielle pour remplacer la grille de Morningstar, laquelle guide les investisseurs depuis un quart de siècle. Finie, selon BlackRock, la division entre trois styles d’actions (valeur, croissance et hybride) et trois tailles (petite, moyenne et forte capitalisation).

« Nous croyons fondamentalement que les facteurs sont les indicateurs de risque et de rendement les plus précis pour les portefeuilles, confiait à Bloomberg Rob Nestor, directeur du smart beta iShares à BlackRock. Éventuellement, les investisseurs devront regarder à travers une lentille de facteurs holistiques et c’est ce que la grille de facteurs leur permettra de faire. »

3. Réconcilier les clients avec des catégories d’actifs moins populaires

Les marchés en dehors des États-Unis devraient mieux performer que le marché américain au cours des prochaines années. Les conseillers devront donc familiariser leurs clients à des placements qu’ils connaissent moins et dont ils se sont longtemps méfiés, comme les actions non américaines. 

4. Bien choisir ses gestionnaires de portefeuille

Il arrive que les différentes stratégies des gestionnaires dont les conseillers achètent les produits s’annulent entre elles, réduisant leurs bénéfices aux investisseurs. Bien sûr, les conseillers doivent rechercher des gestionnaires qui se différencient par une approche ou une habileté particulière, mais ils doivent s’assurer que tous ensembles, les produits de ces gestionnaires augmentent le rendement global du portefeuille du client.

Et vous, comment envisagez-vous la prochaine décennie? Comment vous y préparez-vous?