Desjardins n’a « absolument pas » l’intention de s’intéresser au marché du cannabis, et ce, malgré la prochaine légalisation de cette substance par le gouvernement fédéral.

Dans une entrevue accordée au Journal de Montréal, Guy Cormier rejette en effet catégoriquement l’idée que l’institution financière qu’il dirige pourrait un jour financer des compagnies exerçant dans ce secteur, même si ce dernier pourrait représenter une manne de quelque six milliards de dollars au cours des quatre prochaines années.

« Nous n’avons aucune ouverture pour l’industrie du cannabis. Cette activité n’est pas non plus dans nos plans », assure-t-il, ajoutant qu’il ne s’agit pas là d’un jugement de valeur de la part du Mouvement.

« ON DOIT Y PENSER À DEUX FOIS »

Pour justifier ce choix, le dirigeant de la coopérative financière souligne que celle-ci est aujourd’hui le cinquième assureur vie le plus important du Canada, ce qui l’oblige à faire preuve d’une vigilance particulière. « Avant de nous lancer dans ce secteur-là, on doit y penser à deux fois, car on assure des vies », insiste-t-il.

Guy Cormier indique qu’à titre d’assureur de dommages, investir dans ce secteur ne serait de toute façon pas forcément une bonne chose. « Cette dimension nous pousse à être pas mal prudents à l’égard du cannabis », explique-t-il. Et ce, même si cette substance deviendra légale à partir de l’été prochain.

Au Québec, seules la Banque TD et BMO ont pour l’instant accepté que des compagnies du secteur du cannabis ouvrent des comptes bancaires chez elles, indique le JdeM, qui précisait dans un autre article publié en début de semaine que « à l’approche de la légalisation du cannabis récréatif en 2018, les banques sont divisées sur le financement de cette industrie ».

UNE « SOURCE DE MALAISE »

Si la TD a confirmé au Journal qu’elle avait « quelques clients » dans cette branche d’activité, elle a en revanche refusé d’en divulguer le nombre exact. De son côté, la Banque de Montréal a précisé qu’elle proposait des comptes de dépôt et des services financiers « aux entreprises opérant légalement dans ce secteur émergent, et au cas par cas ». Enfin, la RBC et la Banque Nationale ont affirmé n’avoir aucun client qui soit lié à cette industrie.

« Ça se discute derrière des portes closes. C’est une source de malaise », observait lundi dans le JdeM Olivier Gamache, p-dg du Groupe investissement responsable, à propos de l’attitude des institutions financières et des investisseurs concernant ce sujet.

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