Photo : 123RF

Malgré les mises en garde répétées de plusieurs organisations financières internationales, le secteur bancaire parallèle continue de croître, au point qu’il représentait, à la fin de 2017, plus de 50 000 milliards de dollars, rapportent Les Echos.

Reprenant les données d’un rapport (en anglais seulement) du Conseil de stabilité financière (Financial Stability Board, ou FSB) publié le 4 février, le quotidien économique français relève que le montant total des actifs du shadow banking s’élève aujourd’hui à 51 600 milliards de dollars, soit près de 14 % du total des actifs financiers mondiaux.

Et encore, souligne le journal, ce montant est plutôt modéré puisque contrairement à certaines autres estimations, il ne prend pas en compte les fonds de pension ni les compagnies d’assurance. Pour le calculer, précise-t-il, le FSB a sélectionné 29 juridictions représentant environ 80 % de l’économie mondiale.

LA CHINE, POIDS LOURD DU SHADOW BANKING

Selon le rapport, la Chine est devenue en quelques années l’un des principaux poids lourd du shadow banking, un terme que le FSB a d’ailleurs choisi de ne plus employer en raison de son aspect négatif dans l’opinion publique. Désormais, l’organisme utilise plutôt l’expression « intermédiation financière par des non-banques » (non-bank financial intermediation), notent Les Echos. Toutefois, ajoute le quotidien, « malgré ce toilettage langagier, le contenu et les tendances de fond restent intacts ».

Concrètement, l’empire du Milieu concentre à lui seul 8 254 milliards de dollars dans ce secteur, tandis que les îles Caïmans (5 388 milliards), l’Irlande (2 800 milliards) et le Luxembourg (3 564 milliards) en sont les autres principaux acteurs. À eux quatre, ces pays représentent les deux tiers de la finance de l’ombre.

Dans sa définition la plus large, le shadow banking pèse quelque 184 000 milliards de dollars, ce qui représente dans ce cas près de la moitié (48 %) du total des actifs financiers de la planète. Les Echos rappellent que le gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas et responsable du comité des vulnérabilités au sein du FSB, Klaas Knot, estimait récemment que « les non-banques jouent un rôle de plus en plus important dans le système financier », ce qui oblige les autorités à « rester vigilantes quant aux risques pour la stabilité financière » mondiale.