Nombre de Canadiens avouent que la pandémie a pesé lourd sur leurs finances et plusieurs craignent devoir renoncer à certains de leurs rêves, révèle le Sondage sur l’endettement de la Banque Manuvie.

Ainsi, plus du tiers des sondés (36 %) estiment devoir faire une croix sur leur rêve de devenir propriétaire, 28 % craignent de ne pas pouvoir assumer le coût des études postsecondaires de leurs enfants ou de ne pas pouvoir épargner suffisamment pour leur retraite.

Sans compter que plus de la moitié des propriétaires (58 %) et des locataires (54 %) craignent de ne pas pouvoir s’acquitter de leurs paiements.

Concrètement, depuis le début de la pandémie, les Canadiens consacrent en moyenne la moitié de leur revenu dans des dépenses essentielles comme la nourriture et le logement.

« La pandémie a amplifié le sentiment que leurs objectifs financiers sont irréalisables, commente Mario Cloutier, chef de la distribution, région du Québec, de la Banque Manuvie. Cependant, lorsqu’on demande aux Québécois ce qu’ils pensent de leur avenir financier, ils ont tendance à dire qu’ils se sentent en confiance par rapport au reste du pays. »

PAS PRÊTS FINANCIÈREMENT

Le sondage de Manuvie démontre que plus du tiers des Canadiens (35 %) n’étaient pas financièrement prêts à faire face à la COVID-19. De plus, la pandémie a eu des répercussions globalement négatives sur 69 % des répondants. Un peu moins de la moitié (42 %) estiment qu’il leur faudra au moins un an pour s’en remettre complètement.

La situation faisant qu’actuellement, un quart des Canadiens peinent à s’acquitter de leurs factures.

UNE SITUATION CONTRASTÉE

Toutefois, la pandémie n’a pas touché tous les Canadiens de la même façon, certains s’en sont ainsi mieux tirés que d’autres et ont même vu leur situation s’améliorer. Les Canadiens de moins de 40 ans semblent être les plus touchés sur le plan financier.

Le sondage de Manuvie souligne de nombreux contrastes. Ainsi, alors qu’en moyenne les Canadiens parviennent à épargner davantage qu’il y a un an, soit 16 % de leur salaire avant impôt contre 14 % en 2019, 24 % d’entre eux ne mettent rien de côté, soit une augmentation de 5 points de pourcentage par rapport à l’an dernier.

Parmi les Canadiens endettés, un autre 24 % indiquent qu’ils le sont en raison de leurs dépenses courantes, une autre augmentation par rapport au sondage de 2019. Cela prouve que davantage d’entre eux ont dû mal à joindre les deux bouts. Pourtant, la proportion de Canadiens endettés a diminué de 6 points de pourcentage, passant de 27 % à 21 % en un an.

LA SANTÉ MENTALE PAS ÉPARGNÉE

Cette situation pèse sur la santé mentale des Canadiens. Près de la moitié (46 %) des Canadiens endettés affirment que leur endettement nuit à leur santé mentale, une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à 2019.

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« À cause de la pandémie de COVID-19, de nombreux Canadiens ressentent plus d’anxiété et de peur. L’endettement amplifie le phénomène et nous rend plus vulnérables à l’incertitude », explique la Dre Georgia Pomaki, chef des spécialistes en santé mentale à Manuvie.

« Pour développer sa résilience et son sentiment de sécurité, on peut notamment réfléchir à ce qu’on peut faire pour mieux se préparer aux dépenses imprévues, ce qui permettra de réagir plus efficacement aux problèmes lorsqu’ils surviendront », ajoute-t-elle.

À votre tour de relever vos manches, car il y a fort à parier qu’un plan financier pourrait en aider plus d’un.

Ce sondage a été mené en ligne par Ipsos auprès de 2001 Canadiens, âgés de 20 à 69 ans, dont le ménage présentait un revenu supérieur à 40 000 $.