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Un tiers des parents canadiens n’ont pas commencé à épargner pour les études postsecondaires de leurs enfants.

C’est ce que révèle un sondage mené par Ipsos pour le compte de la Première financière du savoir. Au total, près de six parents sur dix (56 %) n’avaient jamais profité des diverses subventions offertes avec un régime enregistré d’épargne-études (REEE). Et plusieurs le regrettaient amèrement. En effet, plus des deux tiers (68 %) des parents de jeunes âgés de 14 à 22 ans soutiennent qu’ils agiraient différemment si c’était à refaire. Plus d’un sur trois (36 %) auraient mis plus d’argent de côté chaque mois alors qu’un sur trois aurait commencé plus tôt, lorsque les enfants étaient en bas âge.

DE PLUS EN PLUS COÛTEUX

« Le coût des études va toujours dans le même sens : vers le haut, rappelle Lesley-Anne Scorgie, experte en finances personnelles et auteure à succès, dans un communiqué de presse de la Première financière du savoir. Si les parents peuvent consacrer une petite place dans leur budget d’aujourd’hui pour commencer à épargner pour les études futures de leur enfant, cela va alléger la charge financière pour toute la famille quand viendra le temps d’inscrire l’enfant à un programme d’études postsecondaires. »

RISQUE D’ENDETTEMENT

Fait à remarquer : moins de trois parents sur dix croient avoir suffisamment de ressources financières pour financer ces études. Or, qu’est-ce qu’on fait quand les liquidités manquent pour un projet important ? On s’endette. C’est exactement le risque que courent les parents qui tentent de remédier au manque de fonds pour financer les études de leurs enfants. En effet, quatre sur dix comptent solliciter des prêts étudiants gouvernementaux, alors que 15 % contracteront un prêt auprès d’une banque ou d’une caisse populaire et 11 % une marge de crédit sur leur maison. Enfin, 7 % d’entre eux emprunteront à des amis ou des membres de leur famille, alors que 6 % chercheront d’autres moyens de financer les études postsecondaires de leur progéniture.

DES ÉTUDES PLUS LONGUES

Par ailleurs, un autre sondage, réalisé pour CIBC cette fois, démontre que le coût des études postsecondaires risque de s’avérer encore plus élevé du fait qu’un grand nombre d’étudiants (74 %) croient qu’ils auront besoin d’une autre formation après l’obtention de leur diplôme.

Or, au moment d’obtenir ce premier diplôme, ils auront déjà dépensé en moyenne 14 000 $ par an pour leurs études et seront endettés, en moyenne, de 30 000 $. La situation est un peu différente au Québec, où les étudiants s’endettent en moyenne de 15 000 $ après un baccalauréat, soit environ 13 000 $ de moins que la moyenne canadienne après un tel diplôme, indiquait récemment le magazine Protégez-Vous. La dette moyenne d’un doctorant québécois s’élevait à 23 900 $, ce qui signifie que certains étudiants quittent avec un endettement beaucoup plus élevé que cela.

UN RÉGIME PAYANT, MAIS DÉLAISSÉ

Le sondage de CIBC déplore, à l’image de la Première financière du savoir, le peu de cas que les parents font des régimes enregistrés d’épargne-étude. Selon CIBC, 67 % des étudiants interrogés ne pouvaient compter sur une telle source de revenu.

« Le gros avantage d’un REEE est l’accumulation, hors-taxe, d’épargnes combinée au bénéfice supplémentaire des subventions gouvernementales, rappelle David Nicholson, vice-président, CIBC Imperial Service, par voie de communiqué. C’est une combinaison puissante et l’accumulation de tous les petits dépôts peut procurer un montant significatif avec le temps, pour aider à payer les études des enfants. »

QUELQUES CONSEILS

Pour aider les parents, CIBC offre quelques conseils, dont il serait certainement utile de discuter avec plusieurs de vos clients.

  • Commencer à épargner tôt et le faire régulièrement;
  • Bien comprendre le coût total de l’éducation (frais de scolarité, livres, repas, résidence, internet, etc);
  • Trouver des manières de réduire la facture (bourses d’études, bourses d’excellence, prix spéciaux pour étudiants, etc.);
  • Bien planifier toutes les études nécessaires pour entreprendre la carrière souhaitée;
  • Parler à un expert pour identifier comment maximiser l’épargne et gérer l’endettement.

Encadré

Ce sondage Ipsos a été tenu entre le 3 et le 15 août 2017, auprès d’un échantillon de 1 919 parents provenant du panel en ligne d’Ipsos. Les résultats, pondérés démographiquement en fonction des données du recensement, auraient une précision de plus ou moins 2,6 points de pourcentage, 19 fois sur 20, si Ipsos avait sondé tous les parents canadiens.

Le sondage de CIBC a été réalisé du 27 juillet au 2 août 2017 auprès de 1 506 adultes canadiens inscrits comme étudiants à temps plein ou partiel et faisant partie des panels Angus Reid Forum, Peanut Labs ou Precision Sample. La marge d’erreur est de plus ou moins 2,4 %, 19 fois sur 20.