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Les investisseurs fortunés n’ont plus beaucoup d’appétit pour les stratégies complexes des fonds de couverture et préfèrent nettement placer leurs billes dans la brique et le mortier, rapporte Bloomberg.

À la fin du deuxième trimestre, leurs portefeuilles étaient constitués à 33 % d’actif immobilier, selon un sondage du réseau d’investisseurs à valeur nette élevée Tiger 21.

La répartition moyenne des membres du groupe en fonds de couverture n’a jamais été aussi basse, à 4 %. Au plus fort de la dernière crise financière, en 2008, ceux-ci représentaient 5 % de leurs portefeuilles.

La forte évaluation des actions et les risques géopolitiques croissants sont les principales raisons qui expliquent pourquoi ces investisseurs se tournent vers des actifs réels comme l’immobilier, a expliqué à Bloomberg le fondateur de Tiger 21, Michael Sonnenfeldt. « Nos membres sont plus à l’aise avec des actifs qu’ils peuvent détenir de façon directe. »

Les gestionnaires de fonds dits spéculatifs ont été mis sous pression au cours des dernières années, alors que de nombreux investisseurs ont critiqué leurs frais élevés, leur manque de transparence et leurs rendements décevants.

Un rapport publié par la banque Crédit Suisse la semaine dernière est toutefois plus optimiste. Ses auteurs avancent que les investisseurs ont l’intention d’augmenter leur répartition en fonds de couverture au cours des six prochains mois.

UNE TENDANCE LOURDE

Les investisseurs fortunés ne sont pas les seuls à se désintéresser des fonds dits spéculatifs, les investisseurs institutionnels étant aussi nombreux à avoir déserté cette catégorie d’actif au cours des dernières années.

L’année dernière, par exemple, le New York City Employees Retirement System (NYCERS), dont l’actif dépasse les 50 G$, a annoncé son retrait de ce secteur. Ce désinvestissement de 1,5 G$ a suivi celui de la caisse de retraite californienne CalPERS, qui s’est départie de tous ses fonds de couverture afin d’abaisser les coûts et atténuer la complexité de ses portefeuilles.

Les grands investisseurs institutionnels canadiens ne sont pas plus impressionnés par la performance de ces placements non traditionnels. Le président et chef de la direction de Teachers expliquait l’année dernière utiliser les fonds de couverture uniquement comme outil de gestion du risque, et non comme source de rendement. À la Caisse de dépôt et placement du Québec, ces produits ne comptent que pour 4 G$, sur un actif total de 270 G$.