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La majeure partie de l’aide financière du gouvernement pendant la pandémie a été conçue pour remplacer le revenu des travailleurs licenciés et aider leurs employeurs à survivre à la fermeture économique. Les personnes âgées ne rentrent pas dans cette case, analyse le chroniqueur Rob Carrick dans The Globe and Mail.

Le gouvernement fédéral vient toutefois de concéder une aide financière aux aînés leur donnant jusqu’à 500 $ pour couvrir les dépenses encourues à la suite des mesures de confinement.

Mais il y a une distinction importante à faire entre aider les aînés avec leurs dépenses, comme le font les autorités fédérales, et les aider avec les pertes d’investissement qu’ils ont subies en raison de la chute des marchés boursiers en février et en mars. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas réglé le problème des pertes d’investissement des aînés.

De nombreuses personnes âgées ont été choquées par la rapidité et la brutalité de la baisse des titres boursiers. Elles se sentent donc vulnérables et attendent de voir quel soutien financier le gouvernement fédéral pourrait leur offrir. Les paiements en espèces annoncés mardi en ont déçu plus d’un, mais ce n’est pas le travail du gouvernement de soutenir les pertes d’investissement individuelles, juge le chroniqueur. Si quelqu’un perd de l’argent en Bourse, il en est le seul responsable, estime-t-il.

Le soutien financier aux aînés annoncé mardi consiste en un paiement non imposable unique de 300 $ aux personnes admissibles à la Sécurité de la vieillesse. Un montant supplémentaire de 200 $ sera versé aux personnes âgées à faible revenu admissibles au Supplément de revenu garanti.

Le maximum de 500 $ en paiements compensera les coûts supplémentaires de la vie causés par la distanciation sociale. Par exemple, la livraison de produits d’épicerie. Ce que cet argent fédéral ne fera probablement pas, c’est rassurer les personnes âgées dont les portefeuilles d’investissement ont été exposés au récent krach boursier.

Ottawa n’a pas complètement ignoré les pertes d’investissement subies par les retraités. Pour 2020, le retrait minimum obligatoire des fonds enregistrés de revenu de retraite (FERR) a été réduit de 25 %. Si une personne âgée doit vendre des actions ou des fonds d’actions durement touchés pour faire un retrait minimum du FERR, cette mesure allège cette obligation.

L’ampleur du stress ressenti par les personnes âgées au sujet de leurs investissements suggère qu’elles n’étaient peut-être pas aussi conscientes du risque qu’elles auraient dû l’être, croit Rob Carrick. Aider les personnes âgées à couvrir leur frais de subsistance lors de la pandémie est un bon geste. Mais les aider à faire face à des pertes d’investissement envoie le message qu’il existe un filet de sécurité pour les personnes qui ne gèrent pas bien leurs investissements, conclut-il.