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Berkshire Hathaway croule sous les liquidités, nous apprend son président Warren Buffett dans sa lettre annuelle aux actionnaires. Un choix contesté par certains analystes.

Dans son édition de dimanche, La Presse revient sur quelques-unes des déclarations de l’« oracle d’Omaha » qui figurent dans sa missive.

« Les sociétés industrielles bien gérées ne distribuent en général pas aux actionnaires la totalité de leurs bénéfices réalisés, explique notamment le multimilliardaire. Les bonnes années, sinon toutes les années, elles conservent une partie de leurs bénéfices et les réinvestissent dans l’entreprise. Il y a donc un élément d’intérêt composé fonctionnant en faveur d’une entreprise rentable. Sur une longue période, la valeur réelle d’une société s’apprécie à intérêt composé, indépendamment des dividendes versés aux actionnaires. »

Prenant pour exemples ses 10 principales participations dans des sociétés cotées en Bourse, dont American Express, Apple et Coca-Cola, Warren Buffett indique que ces compagnies ont globalement versé à Berkshire quelque 3,8 milliards de dollars américains en dividendes l’an dernier. Cependant, la somme de leurs bénéfices non répartis représentait plus du double de ce montant, soit environ 8,3 G $US.

« ON AURAIT AIMÉ QU’IL SOIT PLUS DYNAMIQUE »

« Pour le maître, les bénéfices non répartis constituent un outil puissant pour s’enrichir. La magie fonctionne quand la société obtient un rendement important sur le capital investi. Malheureusement, des entreprises qui dilapident le capital, ça existe, et l’investisseur averti s’en tiendra loin », résume La Presse.

Dans la lettre, il est aussi question du rachat par Berkshire de ses propres actions. Au 31 mars dernier, Warren Buffett disposait d’un trésor de guerre de quelque 137 milliards de dollars.

Interrogé par le journal, François Rochon, président de Giverny Capital et « disciple de longue date » du multimilliardaire, croit que Berkshire devrait racheter ses actions à grande échelle.

« Avoir autant de liquidités dans ses livres qui ne rapportent à peu près rien, c’est sûr que ça plombe le rendement de l’action. De mon point de vue, mais qui suis-je pour lui dicter quoi que ce soit, la meilleure utilisation du capital de Berkshire est de racheter ses actions dans la mesure où l’économie se remet rapidement du choc de la pandémie et que l’on évite les scénarios apocalyptiques. »

Lors de l’assemblée annuelle de Berkshire, son grand patron a confié aux actionnaires que le conglomérat avait choisi de ne pas profiter des aubaines boursières qui se sont présentées en mars pour « s’assurer de tenir le coup au cas où le pire des scénarios se produirait », rapporte La Presse.

Une stratégie qui n’a cependant pas convaincu Pierre-Olivier Langevin, gestionnaire de portefeuille à Medici. Qualifié par La Presse d’« adepte de la doctrine d’investissement du sage homme », celui-ci-ci a en effet été « déçu par son apathie » durant cette période mouvementée.

« On aurait aimé qu’il soit plus dynamique. On voit que c’est de plus en plus difficile pour Berkshire de redéployer ses immenses capitaux. […] Il y a deux ans, nous étions persuadés que ce n’était qu’une question de temps avant que Buffett agisse. Aujourd’hui, nous en sommes moins convaincus », indique le gestionnaire de portefeuille.