123RF

Les retraités, qui vivent de plus en plus longtemps, ont aujourd’hui besoin d’une assurance-vie longue durée qui les protège mieux, selon un rapport publié mardi par l’Institut C.D. Howe.

Rédigé par David Don Ezra, ancien coprésident de la firme Russell Investments et ex-vice-président de l’Institut canadien des actuaires (ICA), ce document d’une quinzaine de pages recommande aux gouvernements de « prendre les mesures nécessaires pour faciliter l’offre d’une telle assurance par les compagnies canadiennes ».

« Avec l’arrivée à la retraite d’un grand nombre de baby-boomers, et compte tenu du fait que plusieurs d’entre eux ont accumulé des avoirs dans des régimes d’accumulation du capital, le temps est venu pour les gouvernements d’adopter des politiques facilitant un décaissement efficace de ces fonds. Plutôt que de se demander s’ils survivront à leurs actifs, les retraités devraient pouvoir obtenir un flux de revenus jusqu’à la fin de leurs jours s’ils ont la chance de dépasser leur espérance de vie. Et dans ce contexte, l’assurance longévité constitue un élément essentiel pour y parvenir », estime l’institut de recherche indépendant à but non lucratif.

« IL FAUT MODIFIER LES RÈGLES FISCALES EN VIGUEUR »

Or, ce n’est pas ce qui se passe à l’heure actuelle, déplore David Don Ezra. En effet, soutient-il, « les politiques fiscales gouvernementales entravent au contraire la fourniture d’une telle assurance ». Selon lui, si les assureurs canadiens n’offrent pas pour l’instant de contrats d’assurance longévité pure sur une base individuelle, c’est avant tout pour des raisons liées à l’imposition fiscale des particuliers.

Le chercheur croit cependant qu’une refonte de la composante d’assurance longévité pure de ces produits financiers rendrait un contrat personnalisé moins coûteux et probablement plus attrayant, tant pour les assureurs que pour leurs clients.

Dans son rapport, l’ex-vice-président de l’ICA préconise donc notamment que les décideurs politiques « modifient les règles fiscales en vigueur, de sorte qu’il devienne possible et pratique pour les compagnies d’assurance de proposer des produits de longévité pure, favorisant ainsi l’innovation ». Il leur recommande aussi d’« investir dans l’éducation du grand public afin d’inciter chacun à mieux planifier sa retraite », et particulièrement à « davantage tenir compte du “risque de survivre à son épargne”, en insistant sur le revenu viager garanti plutôt que sur le terme de “rente” ».

« LES POLITIQUES DOIVENT CHANGER, ET RAPIDEMENT »

L’Institut C.D. Howe réclame par ailleurs l’instauration pour les particuliers de régimes de capitalisation tels que des régimes à cotisations définies afin d’« offrir une assurance longévité autonome partielle » aux retraités qui souhaitent en acquérir sur une base volontaire. Enfin, il appelle les pouvoirs publics à « travailler de concert avec les organismes de réglementation du secteur des assurances en vue de veiller à ce que les règles de solvabilité applicables aux contrats de longévité autonomes à prime unique soient suffisantes pour protéger à la fois les consommateurs et l’industrie ».

David Don Ezra conclut en indiquant que « les politiques gouvernementales au pays doivent évoluer, et rapidement, afin de faire du marché de l’assurance longévité autonome une réalité pour M. et Mme Tout-le-monde ».