Planète terre prenant la forme d'une bombe.
Photo : Chatcharin Sombutpinyo / 123RF

Depuis la semaine dernière, les entreprises touchées par la COVID-19 et ayant au moins 300 millions de dollars de revenus peuvent déposer des demandes dans le cadre du programme de crédit aux entreprises (PCE), selon un récent article d’Advisor’s Edge. Pour en bénéficier, plusieurs conditions doivent être remplies, dont la divulgation financière liée au climat.

Cette exigence notable peut donner un aperçu des priorités politiques des libéraux après la pandémie.

Les entreprises qui participent au PCE doivent publier des rapports annuels de divulgation des informations financières au Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC) du Financial Stability Board, une mesure que les libéraux ont approuvé dans leur budget 2019.

Ces derniers feront-ils de la divulgation financière liée au climat une priorité dans leurs futures initiatives politiques?

« Vous pourriez considérer cela comme un signal que la divulgation sera un élément important de toute politique de finance durable », déclare Sean Cleary, directeur exécutif de l’Institute for Sustainable Finance, en Ontario.

Ayant gagné le soutien de plus de 1 000 entreprises à travers le monde comme moyen de normaliser la divulgation climatique, le cadre du GIFCC dispose d’un bon élan, selon lui.

UN OS

Bien que le gouvernement fédéral appuie également le GIFCC, il fait face à ce problème : la réglementation des valeurs mobilières est de compétence provinciale, de sorte que les libéraux sont limités en ce qui concerne le type de divulgation que les sociétés cotées en Bourse doivent fournir.

« Le gouvernement essaie d’utiliser tous les outils dont il dispose pour encourager ce type de divulgation », indique Laura Zizzo, fondatrice et chef de la direction de Mantle314, une société de conseil de Toronto spécialisée dans l’aide aux entreprises face aux risques et aux occasions climatiques.

En juin dernier, un groupe d’experts sur la finance durable nommé par le gouvernement a recommandé aux libéraux de travailler avec les provinces pour progressivement mettre en place des exigences de déclaration GIFCC pour les petites et les grandes entreprises. Le président de ce comité, Tiff Macklem, a été nommé gouverneur de la Banque du Canada.

Michael Sabia, devenu président de la Banque de l’infrastructure du Canada en avril, est une autre nomination notable. Celui-ci était auparavant président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a investi massivement dans les technologies vertes sous sa direction.

« Il y a certainement un lien entre ces deux nominations et le GIFCC, déclare Elliot Hughes, conseiller principal à Summa Strategies Canada, basée à Ottawa. Ce type d’annonces et de nominations commencent à changer la direction du gouvernement. »

Il reste à voir si les libéraux poursuivront la divulgation en relation avec le climat en tant qu’initiative politique lorsque la pandémie sera terminée. Faire en sorte que les provinces s’entendent sur un cadre pour la production de rapports sur le climat pourrait être difficile.