Drapeau du Royaume-Uni déchiré au centre et laissant entrevoir celui de l'Union européenne.
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Bien que la perspective d’un accord sur le Brexit demeure incertaine, il pourrait offrir de belles occasions d’investissement au Royaume-Uni, estime Peter Westaway, économiste en chef de la division européenne de Vanguard. Mais les investisseurs devront toutefois éviter de tout miser sur cette région. 

En raison de l’incertitude due à l’éventuelle sortie de l’Angleterre de l’Union européenne, beaucoup d’entreprises et de consommateurs ont retardé leurs achats et plans d’expansion, affirme Peter Westaway. L’expert pense qu’aussitôt que l’issue de l’accord sera moins floue, nous pourrons nous attendre à une certaine expansion économique du pays.

QUEL SCÉNARIO SERAIT LE PLUS PROBABLE?

Deux ans et demi après le vote du Brexit, l’incertitude est toujours aussi palpable. Depuis quelques mois, l’expert de chez Vanguard évalue les probabilités des différents cas de figure entourant cet accord. Dans un article publié le 10 décembre dernier dans le journal Le Monde, il estimait que les chances d’une sortie sans accord étaient de 10 %, celles de l’annulation du Brexit de 20-25 % et 65-70 % pour un Brexit avec accord.

Selon l’économiste, ces statistiques ont depuis évolué. La perception dans les journaux et sur les marchés des chances d’avoir un Brexit sans accord seraient surévaluées parce que le gouvernement reste collé à l’accord initial afin de convaincre le Parlement. Les membres du gouvernement le menacent d’un Brexit sans accord, mais selon l’experte, cette solution serait trop catastrophique. Il estime davantage probable que le Parlement force le gouvernement à demander une prolongation à l’Union européenne pour prendre une décision. Selon lui, la possibilité d’un Brexit sans accord est d’environ 15 %.

Quant aux chances que le Brexit soit tout simplement annulé, elles ont, selon lui, légèrement décru et se situeraient maintenant autour de 15-20 %. Mais l’expert souligne qu’à terme, il y aura tout de même un accord dans les semaines ou les mois qui suivent.

Toutefois, sachant que la politique est difficile à prévoir, il soutient qu’il est encore imaginable que l’impossible survienne et qu’il y ait un crash.

UN BON POTENTIEL POUR LES INVESTISSEURS

Peter Westaway affirme que même si de nombreux risques entourent l’Angleterre, ceux-ci vont davantage dans la bonne direction que dans la mauvaise. La Grande Bretagne offre donc de belles occasions aux investisseurs. Il considère toutefois que les investisseurs de détail ne devraient pas s’y intéresser de trop près, car il s’agit d’un pari trop risqué pour eux.

Quant aux secteurs à envisager, Vanguard ne recommande pas aux investisseurs de jouer sur le marché de la devise, estimant que celui-ci est trop difficile et que le risque de volatilité est trop élevé. Peter Westaway souligne que la devise a été beaucoup touchée par le Brexit et a connu une certaine volatilité. Elle a cédé plus de 1% après le report sine die du vote du Parlement sur l’accord de retrait de l’Union européenne annoncé par la première ministre britannique Theresa May le 10 décembre dernier.

Selon Peter Westaway, le marché le plus prometteur est celui des actions. À cause de l’incertitude, celui-ci est encore un peu bas. Il croit que s’il y a une quelconque conclusion concernant le Brexit, il pourrait y avoir un rebond.

Du côté des obligations, il s’intéresse davantage aux taux d’intérêt. Si aucun accord n’est conclu, il estime qu’il pourrait y avoir des coupes dans les taux, ce qui aurait une très grande incidence sur les obligations britanniques.

Évidemment, les investisseurs peuvent attendre de voir ce qu’il se passera le 29 mars prochain. « Les occasions seront certes moins grandes, mais les risques également », note Peter Westaway.

DIVERSIFIER SES PLACEMENTS

Toutefois, chez Vanguard, comme les conclusions autour du Brexit sont très incertaines, les portefeuilles sont équilibrés avec d’autres pays.

« Nous ne voulons pas faire de pari sur des secteurs ou des compagnies spécifiques », argumente Peter Westaway.

Ainsi, Benjamin Creary, directeur des ventes – comptes nationaux de Vanguard Investments Canada, explique que leurs offres sont diversifiées. Il est possible d’investir en Europe et en Angleterre, mais dans des solutions d’ensemble. Il y a ainsi le VE et VEH, qui proposent les marchés européens. Il y a également leurs produits VI et VIU, qui regroupent des pays développés en Asie, en Amérique du Nord et en Europe, dont le Royaume-Uni.

« Vanguard n’offre pas de solutions avec des pays uniques à l’extérieur des pays où ils ont des bureaux. On en a une au Canada, par exemple, mais dans les autres régions, c’est très diversifié, explique Benjamin Creary. Selon leur tolérance au risque, les investisseurs peuvent toujours aller chercher des secteurs ou des pays plus précis, mais Vanguard préfère offrir des produits diversifiés. Ça prend beaucoup de courage pour mettre toutes ses billes dans un seul pays. »