Main pointant une tablette, devant des écrans d'ordinateur affichant des courbes de rendement.
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Les investisseurs qui ont pris des positions courtes sur Lyft et Pinterest après leur entrée en Bourse ont encaissé des dizaines de millions de dollars, rapporte le Financial Post. Cette stratégie est prisée par certains pour tirer profit des entrées fracassantes en Bourse.

La mode est aux premiers appels publics à l’épargne (PAPE, ou IPO en anglais) spectaculaires. Très médiatisées, les entrées en Bourse ces dernières années des Pinterest, Lyft, Uber et Beyond Meat, pour ne nommer que ceux-là, ont attiré énormément d’investisseurs, ce qui a permis à ces entreprises d’aller chercher beaucoup de financement. Beyond Meat et Zoom Video Communications ont vu la valeur de leur titre bondir respectivement de 163 et 72 % après leur entrée en Bourse.

RETOUR À LA RÉALITÉ

Toutefois, la performance de ces titres ne survit pas toujours à l’élan d’enthousiasme initial. Certains jugent donc que c’est en prenant des positions courtes sur ces actions qu’ils toucheront le pactole. Selon S3 Partners, les investisseurs ont accumulé plus d’un milliard de dollars américains en positions courtes aussi bien chez Uber que chez Lyft. Les positions courtes pour Beyond Meat représenteraient environ 460 millions de dollars.

Toujours d’après les chiffres de S3 Partners, les investisseurs qui ont pris des positions courtes sur Lyft et Pinterest ont respectivement encaissé 250 millions et 18,9 millions. À l’inverse, les positions courtes sur Beyond Meat et Uber ont pour l’instant coûté de l’argent à leurs détenteurs. 

UNE STRATÉGIE COÛTEUSE

Par ailleurs, les frais pour emprunter des parts de certaines de ces entreprises sont présentement très élevés. Rick Ummat, gestionnaire de portefeuille et dirigeant d’un fonds à Jemekk Capital Management, a reculé lorsqu’il s’est fait proposer de payer 48,47 % de frais pour emprunter des parts de Beyond Meat et 22,12 % pour des actions de Lyft. Selon lui, ces frais pourraient expliquer en partie la montée du titre de Beyond Meat, puisqu’ils découragent ceux qui voudraient prendre des positions courtes.

HORS DE LA PORTÉE DES PETITS INVESTISSEURS

Les investisseurs individuels qui souhaitent prendre une position longue sur ces nouveaux titres rencontrent eux aussi des défis. ll est très difficile pour eux d’évaluer correctement l’évolution que prendra une nouvelle action sur les marchés. Rett Wallace, cofondateur de Triton Research, a développé un système de 14 critères basés sur les documents d’entrée en Bourse des entreprises. Il a un faible pour Zoom, car elle fait des profits, croît rapidement, offre une transparence satisfaisante et a évalué sa valeur de manière raisonnable. Lyft, selon lui, a fait tout le contraire.

Par ailleurs, dans le cadre d’un PAPE très attendu, il est très difficile pour ces investisseurs de mettre la main sur des actions avant qu’elles ne commencent à être revendues sur le marché. Ceux qui en achètent les paient donc très cher. Ils peuvent toutefois miser sur d’autres produits. Par exemple, Renaissance Capital gère un fonds négocié en Bourse qui investit dans 80 % des meilleurs PAPE des deux années précédentes. Ce FNB a connu une croissance de 33 % depuis le début de l’année. 

Pour Rett Wallace, les PAPE forcent les investisseurs à choisir entre leur deux plus forts penchants : la peur du risque et la peur de rater une bonne occasion. « Chacun doit décider ce qui lui fait le plus peur », conclut-il.