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En cette fin de cycle économique, ce n’est plus le moment de faire la course aux rendements. Alors que les prochaines années s’annoncent mouvementées, les investisseurs devraient plutôt s’assurer de détenir suffisamment de liquidités, estiment les analystes de PIMCO.

« C’est la fin d’une ère, nous entrons dans une période de perturbations », a soutenu Jachim Fels, conseiller économique mondial à PIMCO, en entrevue à Bloomberg.

Selon la société de gestion d’actif, les probabilités qu’une récession se manifeste au cours des trois à cinq prochaines années sont très élevées. Celle-ci sera précédée d’une croissance mondiale anémique, et suivie d’une longue reprise.

Dans cet environnement, PIMCO recommande aux investisseurs de mettre l’accent sur la flexibilité. En détenant suffisamment de liquidités en portefeuille, il est plus facile de réagir aux événements de marché et de saisir les occasions lorsqu’elles se présentent, indique la firme dans ses perspectives.

PIMCO prévient également qu’à l’heure où les taux d’intérêt sont extrêmement bas, voire négatifs, les banques centrales disposent de moins d’outils qu’auparavant pour faire face aux perturbations.

LES PERTURBATEURS NE MANQUENT PAS

PIMCO a identifié un certain nombre de « facteurs perturbateurs » qui menacent l’économie mondiale et les marchés financiers. Parmi eux, la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, le populisme ambiant, le vieillissement de la population, ainsi que la technologie. Cette dernière est un couteau à double tranchant, car si elle permet d’accroître la productivité, elle menace aussi des emplois.

Le gestionnaire de fonds s’inquiète aussi d’un « excès » dans les évaluations des titres, en particulier de crédit. La situation pourrait même s’apparenter à celle vécue au milieu des années 2000, juste avant la crise financière. « Nous n’en sommes pas encore là, mais il est logique de surveiller de près les excès potentiels dans les évaluations et les risques de correction. »

En matière de revenu fixe, PIMCO privilégie les titres adossés à des créances hypothécaires garantis par le gouvernement américain. La firme demeure ouverte aux obligations de société, mais dit se montrer très prudente.