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Le recul de 30 % de la Bourse de Shanghai depuis le début de l’année et les tensions commerciales croissantes entre la Chine et les États-Unis pourraient bien représenter « une occasion pour les investisseurs », estime La Presse dans son édition de mardi.

« Le passage d’un milliard de personnes hors de la pauvreté est probablement l’événement le plus important des 25 dernières années », soutient en effet l’économiste Hubert Marleau. Dans une note de synthèse envoyée la semaine dernière à ses clients, le cofondateur de la société montréalaise Gestion Palos rappelle que l’empire du Milieu pourrait devenir la première économie mondiale d’ici à 2025.

Et bien qu’il représente déjà 15 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète, il n’a jusqu’à présent attiré que 4 % des capitaux investis dans le monde, indique pour sa part Cimon Plante, gestionnaire de portefeuille et vice-président à la Financière Banque Nationale. « Cette situation est appelée à changer », affirme-t-il dans La Presse, ajoutant que « c’est maintenant le moment d’investir en Chine », notamment parce que plus de 325 millions de familles là-bas appartiendront bientôt à la classe moyenne et que « ces gens vont consommer ».

OPTIMISME PAR RAPPORT À L’ÉCONOMIE

Une opinion que partagent Jonathan Bolduc et Daniel Ouellet dans Le Rapporteur, leur lettre trimestrielle publiée la semaine dernière. « Encore une fois, le spectre d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a retenu l’attention de la communauté financière », notent les deux gestionnaires de portefeuille chez Desjardins gestion de patrimoine. Après avoir rappelé que l’administration Trump a récemment annoncé une deuxième phase d’augmentation des tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars de marchandises chinoises importées, soit une hausse de 10 % et une autre de 15 % à compter du 1er janvier, les deux analystes estiment que, dans ce contexte, « il est normal que de nombreux investisseurs soient inquiets ».

Toutefois, nuancent-ils, « cette histoire de profondes tensions entre deux superpuissances économiques frappe davantage l’imaginaire qu’une analyse objective de différents facteurs pertinents pour une prise de décision éclairée ». En effet, ajoutent Jonathan Bolduc et Daniel Ouellet, plusieurs arguments justifient de faire preuve d’optimisme par rapport aux perspectives économiques. Ainsi, « dans le pire des scénarios envisagés », l’impact des sanctions américaines sur l’empire du Milieu ne représenterait qu’« une diminution de 1,5 % du taux de croissance annualisé de son PIB », selon les données de Bloomberg Economics.

De même, estiment-ils, alors que « tout porte à croire que le parti démocrate reprendra le contrôle de la Chambre des représentants » à l’occasion des prochaines élections législatives de mi-mandat dans quelques semaines, « il est probable que l’administration Trump mette prochainement un terme au conflit commercial avec la Chine » pour « contrer cette éventualité ».

OUVRIR LES PORTEFEUILLES À L’INTERNATIONAL

Dans La Presse, Cimon Plante estime que les particuliers ont tout intérêt à diversifier leur portefeuille et à l’ouvrir davantage à l’international. « Si un investisseur avait investi dans le S&P/TSX en 1975 alors que l’indice était à 1000 points, il aurait multiplié par 16 son capital, ce qui donne un rendement de 6,6 % par année. Mais si, la même année, il avait choisi d’investir dans le S&P 500, il aurait obtenu un rendement de 8 %. Et au lieu de multiplier son argent par 16, il l’aurait multiplié par plus de 30 fois », souligne-t-il.

Pour aider M. et Mme Tout-le-Monde à faire un bon choix, Cimon Plante émet les trois suggestions de titres chinois suivantes : ZTO Express (symbole ZTO à la Bourse de New York); Alibaba (BABA); et IQIYI (symbole IQ au NASDAQ), qui constitue cependant « un achat plus spéculatif » que les deux précédents, selon le gestionnaire de portefeuille.