Garder le cap dans la tourmente

Par Nicolas Ritoux | 31 octobre 2023 | Dernière mise à jour le 31 octobre 2023
4 minutes de lecture
Homme d'affaires debout sur un pic rocheux, scrutant l'horizon avec des jumelles.
Photo : alphaspirit / 123RF

Les investisseurs qui se tiennent à l’écart du marché risquent de rater de bonnes occasions, prévient David Wong, Chef des placements, directeur général et chef, Solutions de placement totales à Gestion d’actifs CIBC.

 Cliquez ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct, de la CIBC.

« Au début de l’année, nous étions dans l’attente d’un ralentissement économique et nous nous attendions à voir les marchés réagir en conséquence. Mais les rendements ont finalement été meilleurs qu’en 2022. Les investisseurs peuvent désormais équilibrer la stabilité et la croissance de façon originale. Bien qu’il n’y ait aucune raison d’abandonner sa stratégie à long terme, certaines occasions intéressantes se mettent en place », obser ve David Wong.

D’abord, les taux d’intérêt sont plus élevés qu’au début de l’année, mais la majeure partie de la souffrance qu’ils ont causé est maintenant passée, car le cycle de hausse touche à sa fin, croit l’expert. 

« Difficile de ne pas se laisser attirer par les rendements offerts aujourd’hui. Les obligations à dix ans sans risque offrent plus de 4 % tant aux États-Unis qu’au Canada ; on n’avait pas vu de tels taux depuis 2007. Les investisseurs doivent chercher à en profiter aussitôt que possible », poursuit David Wong.

Du côté des actions, il recommande de choisir des sociétés qui ont de bons modèles d’affaires capables de traverser la volatilité. Lorsque l’on a confiance en une société, on résiste à la tentation de vendre son titre à la baisse. 

« C’est le type d’environnement où il peut être bon d’avoir un gestionnaire actif qui aide les investisseurs à mettre en contexte ce qui se passe et les place dans une zone de confort pour saisir les occasions qui se présentent », dit David Wong.

« Si les taux venaient à monter de nouveau, cela créerait un vent contraire pour les obligations, et il peut être intéressant de les compléter avec des produits à revenu différents. La diversification demeure la meilleure façon de se protéger contre des éventualités extrêmes. Mais si les banques centrales se mettent en revanche à baisser leurs taux, et recommencent à assouplir leurs politiques monétaires comme dans la dernière décennie, cela sera très positif pour les actifs de nature risquée », analyse David Wong.

Bien sûr, aucune intention de la sorte n’a été annoncée pour le moment, et la lutte à l’inflation demeure la priorité des banques centrales. Mais le jour où les taux baisseront, les actions qui en profiteront le plus seront celles qui se trouvent un peu plus loin sur la courbe du risque, comme les titres mondiaux à petite capitalisation, les titres des marchés émergents, et les titres de style croissance. Les obligations à long terme verraient quant à elles leur prix grimper sur le marché secondaire, pour quelques temps en tout cas. 

Dans tous les cas, l’expert recommande de ne pas rester à l’écart du marché. 

« L’actif que nous recommandons le moins, c’est l’argent comptant, pas forcément parce qu’il va perdre de la valeur mais parce qu’il ne va pas en gagner, et cela va peser sur les portefeuilles car les occasions manquées ont un coût. Les investisseurs à long terme devraient toujours rester exposés au marché, avec évidemment un bon niveau de diversification », insiste-t-il.

Il cite en exemple le crédit privé, qui offre de meilleurs rendements que celui des marchés publics, surtout s’il est entre les mains de gestionnaires prudents qui savent sélectionner et diversifier leurs emprunteurs. L’expertise des gestionnaires est d’autant plus cruciale que ces actifs ne sont pas exposés au jugement quotidien des marchés publics.

L’expert garde l’œil bien ouvert sur certains facteurs clés comme l’impact des hausses de taux d’intérêt sur les prêts hypothécaires, qui ne s’est pas encore totalement déployé dans le cas du Canada. Cela pourrait entraîner des conséquences négatives pour l’économie du pays dans les prochaines années, prévient David Wong. 

« J’ai du mal à imaginer un marché d’actions aussi vigoureux pour l’an prochain », dit-il. « Aux États-Unis, les indices ont été en grande partie propulsés par seulement sept titres. On peut espérer que le reste du marché rattrape un peu de son retard et fasse monter l’ensemble. L’essentiel est de rester concentrés sur le long terme, d’identifier un mélange d’actifs qui tire parti des occasions disponibles, et de laisser la magie du temps et de la diversification faire son travail plutôt que de chercher à prédire les marchés. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.