La mode est aux obligations 

Par Nicolas Ritoux | 2 avril 2024 | Dernière mise à jour le 28 mars 2024
4 minutes de lecture
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Sean Anthony Eddy / iStock

Non seulement les rendements obligataires sont supérieurs aux dividendes des marchés d’actions, mais ils offrent un positionnement plus sûr face aux perspectives économiques, croit Pablo Martinez, vice-président et gestionnaire de portefeuille, Gestion d’actifs CIBC.

« Après des années de répression financière durant lesquelles les banques centrales maintenaient les taux bas pour stimuler la croissance, les obligations sont finalement attractives et même très en vogue. Leurs rendements sont supérieurs aux dividendes des actions et elles sont mieux positionnées pour la suite des événements », assure Pablo Martinez.

L’expert s’attend à ce que les prix et les rendements restent stables en 2024, car les économies américaine et canadienne ne performeront sans doute pas autant qu’en 2023.

« L’an dernier, nous avons été pris de court par la croissance économique aux États-Unis, qui était propulsée par les dépenses de consommation, mais l’effet des hausses de taux de la Réserve fédérale américaine se fait désormais sentir. Les gens ont dépensé une partie de leur épargne et se sont même endettés. Ce n’est pas soutenable à long terme. Nous nous attendons donc à un léger ralentissement économique. La même chose peut être dite au sujet des consommateurs canadiens, qui souffrent même davantage en raison des taux hypothécaires. Il leur reste peu d’argent pour les dépenses discrétionnaires », analyse Pablo Martinez.

Il ne s’attend pas à voir les taux baisser, contrairement à ce qu’entrevoyaient les participants du marché en fin d’année dernière. Selon lui, l’inflation persistante, sous l’effet de salaires encore élevés au Canada comme aux États-Unis, balayera leurs espoirs. Si les banques centrales finissent par baisser leurs taux, ce ne sera que très prudemment. 

C’est le contexte idéal pour investir dans les obligations, d’autant plus que les actifs plus à risque sont fortement surévalués, croit-il. 

« Dans le cas des obligations de sociétés, l’inflation a l’avantage de faire croître les revenus et donc la capacité de rembourser les dettes. De plus, chaque coupon mensuel coûte moins cher que le précédent même si le montant nominal reste le même », précise Pablo Martinez.

Mais quelles obligations choisir ? Selon lui, dans les deux dernières années, alors que les taux d’intérêt grimpaient et que la courbe de rendement s’inversait, le marché du revenu fixe a connu une transformation qui offre aux investisseurs trois belles occasions : 

  1. l’inversement de la courbe pousse vers le haut les rendements des titres à court terme ;
  2. les obligations de sociétés à court terme offrent un rendement encore plus attrayant, qui vient propulser l’ensemble du portefeuille ;
  3. les titres de sociétés émis il y a deux, trois ou quatre ans s’échangent désormais au rabais (92, 93 ou 94 $ au lieu de 100 $), ce qui présente des avantages fiscaux. 

« C’est pour cela que nous avons créé trois fonds de titres de sociétés à court terme avec des échéances en 2025, 2026 et 2027 », mentionne-t-il.

« Du côté des secteurs d’activité, nous préférons demeurer conservateurs à ce point-ci du cycle. Les marchés d’actions battent des records de prix, alors que l’économie ralentit et les taux d’intérêt commencent à faire mal aux consommateurs et aux sociétés », explique Pablo Martinez.

Il dit favoriser l’énergie, les télécommunications et les infrastructures, et éviter les secteurs plus vulnérables aux ralentissements, en particulier la vente au détail et les fiducies de placement immobilier d’espaces de bureaux.

Pablo Martinez rappelle enfin le rôle important des obligations dans la protection des investisseurs, par la diversification qu’elles leur procurent. 

« Acheter des obligations quand les taux étaient très bas pouvait faire très mal, mais ce n’est plus le cas. La répression financière est désormais chose du passé. Les investisseurs sont adéquatement récompensés quand ils achètent des obligations — à condition de se tenir loin des portions les plus dispendieuses du marché, comme les titres de sociétés à long terme ou l’immobilier commercial. »

Ce texte fait partie du programme Gestionnaires en direct, de la CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicholas Ritoux

Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.