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On serait « possiblement à la sortie d’une récession », estime Charles E. Martin, gestionnaire de portefeuille à Gestion de patrimoine TD.

En entrevue avec Conseiller, celui-ci établit des scénarios basés sur l’éventualité d’une deuxième vague de virus. Ayant vécu deux récessions importantes pendant sa carrière, dont celle de 2008, il estime que la crise actuelle n’atteindra pas le niveau des précédentes.

« Nous avons eu une récession créée par la fermeture de l’économie par le gouvernement, et non par le virus. La contraction immense et soudaine du mois de mars sera finie aussitôt que l’économie sera réouverte. Avec la remise en marche de la plupart des industries à l’échelle mondiale au mois de mai, la récession prendra fin et il est improbable que l’économie soit moins forte qu’au mois d’avril. »

Il ne croit pas que la baisse des marchés boursiers qui survient depuis le début de l’année atteigne celle de la crise de 2008. Entre le mois de février et d’avril, une diminution de 34 % a été enregistrée, contre 57 % en 2008 et 49 % en 2000, précise-t-il.

« Le marché boursier a connu une baisse pendant 33 jours, avec un plancher le 23 mars. Depuis, la diminution a été compensée, indiquant que le retour au travail après l’arrêt signe la fin de la récession. »

OÙ INVESTIR?

Charles E. Martin recommande de faire une bonne sélection de titres en prévision du début d’un cycle de croissance. Investir dans des industries résilientes et minimalement affectées par la crise permettrait de profiter d’une croissance future, tout en minimisant les risques.

« Même en cas de deuxième vague, à laquelle j’attribue une probabilité de 50 %, on peut estimer que dans un an, le pire sera derrière nous. Je suis très confiant dans le fait qu’on soit dans un nouveau cycle de croissance », avance Charles E. Martin.

Toutefois, il prévient que certaines industries gravement touchées par la crise liée au coronavirus auraient beaucoup de mal à une survivre à une deuxième vague de contamination. Parmi celles-ci : le tourisme, l’hôtellerie et le pétrole.

« Un autre secteur qui est difficile à comprendre est celui de l’immobilier, explique le gestionnaire. On sait que les centres commerciaux étaient déjà en train de mourir depuis 20 ans, mais on dirait qu’il y a une accélération du processus. Je pense que ces parties-là de l’industrie de l’immobilier vont aller moins bien, et ce, plus vite, principalement parce que les deux derniers mois ont renforcé les habitudes d’achat en ligne, même chez les personnes qui étaient réticentes à l’égard de cette pratique. »

Charles E. Martin insiste sur l’importance de la communication avec les clients pendant cette récession. Il recommande à tous les conseillers de les préparer à toute éventualité, chose qui serait plus facile maintenant que nous avons traversé la crise une première fois.

« Je crois qu’une deuxième vague créerait moins de panique que la première parce que l’élément de surprise est supprimé. Ce ne sera nouveau pour personne », explique-t-il.

Il conseille aussi de réviser la tolérance au risque des clients, en tenant compte du fait que ceux-ci sont souvent prêts à en prendre plus qu’ils ne peuvent se permettre.