Photo : Kamil Macniak / 123RF

On compte aujourd’hui plus de 600 fonds négociés en Bourse (FNB) au Canada et il n’est pas toujours facile de trouver le produit le mieux adapté au profil de chaque client. À l’occasion d’une conférence organisée par BMO, plusieurs experts ont présenté en novembre leur vision quant à l’avenir des marchés et les produits les plus à même de répondre aux différentes hypothèses.

« Il y a de multiples façons d’utiliser les fonds négociés en Bourse dans la construction et l’optimisation des portefeuilles, a lancé d’emblée Alain Desbiens, directeur général, Distribution des FNB Québec et Atlantique à BMO, avant de donner la parole à quatre experts invités. Dans toutes les discussions que nous avons, tant avec les gestionnaires de portefeuille qu’avec les conseillers en placement, cette question revient sans cesse : comment positionner un portefeuille de façon optimale pour l’avenir? »

Voici RBC iShares

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Il faut le voir pour le croire!

VOLATILITÉ À LA HAUSSE

La remontée des taux d’intérêt favorise la volatilité et il est temps de constituer des portefeuilles plus défensifs, selon Lindsay Patrick, directrice générale, Stratégie mondiale FNB à RBC Marchés des Capitaux. Elle constate que la Bourse a déjà connu deux pics de volatilité cette année et que cette dernière est de nouveau en hausse.

L’incertitude sur les marchés demeure considérable, affirme-t-elle, soulignant que l’instabilité politique devrait se poursuivre en raison des élections fédérales au Canada en 2019, du scrutin américain de 2020 et de la gestion du Brexit. Elle ajoute que la guerre commerciale menée par le président Donald Trump à l’encontre de la Chine a commencé à avoir des effets négatifs sur les marchés asiatiques.

Malgré cela, les bénéfices des sociétés sont élevés et l’économie mondiale reste pour l’instant en expansion. Nous sommes, selon Mme Lindsay, à la fin d’un cycle, mais pas à la veille d’une crise financière. Raison pour laquelle rester en Bourse demeure nécessaire. Elle conseille ainsi les FNB composés d’options d’achat couvertes, qui permettent d’être exposé aux actions, généralement d’un secteur en particulier, tout en récoltant les primes issues de la vente des options d’achat.

Une stratégie à laquelle Chris Heakes, directeur général et directeur de portefeuille FNB à BMO Gestion mondiale d’actifs, croit également. Il conseille quant à lui les FNB composés d’options d’achat couvertes canadiennes, car il observe une légère hausse du cours des actions nationales depuis la signature du nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, dans un contexte de stabilisation des prix de l’énergie. Il ajoute que les revenus d’options profitent généralement d’une volatilité périodique.

Options d’achat couvertes toujours, mais européennes, préconise plutôt Dan Machacek, Actions institutionnelles, Valeurs mobilières TD. Lui aussi fait l’éloge de ce type de produit permettant de réduire la volatilité du portefeuille tout en touchant des primes. Il estime qu’en allant sur le marché européen, les investisseurs s’exposent certes à une plus grande volatilité, mais ils diversifient également leur portefeuille.

OBLIGATIONS À TRÈS COURT TERME

Tous les experts présents se sont par ailleurs entendus sur le fait de privilégier les FNB composés d’actions des banques américaines ou canadiennes. Ils expliquent en effet que l’économie américaine demeure forte, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans le monde, et que les banques canadiennes, ayant de plus en plus d’activités au sud de la frontière, bénéficient de cette croissance.

Alfred Lee, directeur général et directeur de portefeuille FNB à BMO Gestion d’actifs, insiste quant à lui sur l’occasion que représentent les obligations à très court terme, permettant de prévenir une éventuelle hausse des taux d’intérêt, tout en protégeant son portefeuille.

Les bons du Trésor américain sont, selon lui, particulièrement intéressants pour contrecarrer le risque d’inflation. Il rappelle que si l’économie des États-Unis continue de mener la reprise mondiale, elle entre dans la dernière phase de son cycle. Or, il affirme que dans un contexte de récession, les bons du Trésor américain ne sont pas corrélés avec les actifs à risque et les valeurs refuges habituelles que sont l’or, l’immobilier ou encore les devises.

Dan Machacek n’hésite pas, quant à lui, à aller vers ces valeurs refuges, notamment l’immobilier. Le secteur présente en effet une faible volatilité, argue-t-il. Selon lui, la croissance intérieure canadienne justifie des placements visant une exposition accrue aux fiducies de placement immobilier (FPI).