Robot conseiller
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Alors que l’engouement pour les plateformes numériques de gestion de patrimoine ne se dément pas, la pandémie de coronavirus devrait encore accélérer la tendance, selon une enquête de GlobalData.

Dans un communiqué, la firme d’analyse de données britannique relève en effet que les services fournis par des robots-conseillers augmentent dans toutes les tranches d’âge. Aux États-Unis, la proportion de baby-boomers utilisant ce type de prestations est ainsi passée de 7,2 % en 2019 à 7,8 % cette année. À l’autre extrémité du spectre, les membres de la génération Z (nés entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, approximativement) se convertissent aussi à cette pratique : alors qu’ils n’étaient que 13, 6 % à y avoir recours en 2019, cette proportion atteint 16,4 % cette année.

Conclusion de GlobalData : « l’appétit pour les plateformes d’investissement numériques est clairement en hausse ». La firme prévoit en outre que la crise sanitaire actuelle « devrait prouver que les robots-conseillers peuvent naviguer avec succès dans un contexte de ralentissement économique ».

LES ROBOTS FAVORISENT LA DISTANCIATION SOCIALE

« La pandémie de COVID-19 a mis en lumière l’importance de tout ce qui est numérique. Ainsi, la société de services d’investissement automatisée américaine Wealthfront a vu ses ouvertures de comptes bondir de 68 % durant la période de confinement. De leur côté, les fonds communs de placement offerts par la firme Wealthsimple ont surpassé les fonds canadiens traditionnels en matière de rendements. Dans le même temps, les acteurs traditionnels ont au contraire vu leurs actifs sous gestion diminuer de façon importante, au point qu’ils sont aujourd’hui contraints de « faire du rattrapage » sur le plan technologique pour tenter de maintenir leurs entreprises en vie », commente Sergel Woldemichael, analyste en gestion de patrimoine à GlobalData.

Même si les robots-conseillers bénéficient du fait que le monde actuel s’affranchit de plus en plus de l’interaction humaine, cela ne suffira pas à assurer leur succès, relativise-t-il toutefois. En effet, souligne-t-il, « les crises financières exigent des niveaux élevés de communication entre les investisseurs et les conseillers, car les clients veulent avoir l’assurance que leur patrimoine est bien en sécurité ». Autrement dit, les robots-conseillers purement automatisés devront à l’avenir intégrer « un élément humain » s’ils veulent espérer conserver leur clientèle.

« Les mesures adoptées [depuis le début de la pandémie] par les gestionnaires de patrimoine ont accéléré le passage du secteur vers le numérique, et ce, pour le plus grand bénéfice des robots-conseillers. En effet, ceux-ci respectent par nature le concept de distanciation sociale imposé par les événements. Si les acteurs du numérique parviennent à rester proactifs et à protéger le patrimoine de leurs clients dans un tel contexte, ils devraient réussir leur “examen de passage” », conclut Sergel Woldemichael.