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Bien que l’on parle toujours plus des questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), plus de la moitié des investisseurs institutionnels (56 %) estiment que l’information non financière des sociétés ne permet pas d’établir de comparaisons utiles avec d’autres sociétés, selon un sondage d’EY.

L’information non financière des sociétés intéresse toujours plus les investisseurs. Selon le sondage mondial des Services en changements climatiques et développement durable d’EY, 97 % des investisseurs institutionnels disent y accorder de l’importance, soit une augmentation de près de 20 % par rapport à l’année dernière.

Selon le leader national des Services en changements climatiques et développement durable d’EY, Thibault Millet, « les investisseurs ont une excellente compréhension de l’incidence positive que peuvent avoir les questions environnementales, sociales et de gouvernance d’une entreprise sur son rendement financier. Ainsi, l’information non financière joue un rôle déterminant dans les décisions en matière de placement, et occupe une place de plus en plus importante pour les investisseurs canadiens. En effet, ces derniers prennent désormais du recul pour examiner la création de valeur d’une entreprise et sa capacité à maintenir une croissance à long terme. »

Malgré cet intérêt grandissant, les informations fournies seraient encore insuffisantes et ne permettraient pas de comparer les sociétés entre elles, selon les sondés.

LES INVESTISSEURS VEULENT PLUS DE DÉTAILS

« De nombreuses organisations communiquent activement leurs politiques et pratiques, mais l’information concernant les mesures à l’égard de la responsabilité est souvent absente, soutient M. Millet dans un communiqué. Les investisseurs ne souhaitent plus uniquement savoir ce que fait une société, mais comment elle le fait, et de quelle façon ses mesures se comparent à celles d’autres sociétés. De meilleures normes comptables à l’égard de l’information non financière sont nécessaires à l’établissement de données normalisées et de mesures constantes intersectorielles. »

Pour remédier à cela, la grande majorité des sondés (70 %) estiment que les organismes de réglementations nationaux devraient agir. Ils devraient faire en sorte que l’information non financière que les investisseurs recherchent leur soit communiquée par les émetteurs. Les associations industrielles pourraient d’ailleurs orienter ces organismes quant aux informations importantes à l’égard du développement durable pertinentes à leurs industries.

« La mise en place d’un cadre commun profiterait à la fois aux investisseurs institutionnels et aux sociétés qui souhaitent recevoir leurs investissements, affirme M. Millet. Les investisseurs seraient en mesure de comparer les données non financières d’un secteur et d’une région à l’autre, tandis que les entreprises tireraient avantage d’une plus grande transparence pour contribuer à restaurer la confiance dans les moments où la crédibilité pourrait être en jeu. »

LE PROJET EPIC

Le projet EPIC (Embankment Project for Inclusive Capitalism), élaboré par EY et la Coalition for Inclusive Capitalism, une organisation à but non lucratif qui engage les dirigeants des entreprises, des gouvernements et de la société civile dans leurs efforts pour rendre le capitalisme plus dynamique, durable et inclusif, vise justement à mettre en place un tel cadre.

« Nous avons créé un forum unique, représentant plus de trente leaders mondiaux, avec près de 30 000 G$ US d’actifs sous gestion, où les joueurs de la chaîne d’investissement peuvent avoir des conversations franches et partager leurs différentes perspectives sur la façon de mesurer la valeur à long terme », peut-on lire dans son rapport.

Ce groupe de professionnels a pour mission d’établir des facteurs de valeurs-clés pour une croissance durable et inclusive. Il veut déterminer des mesures possibles afin d’aider les entreprises à communiquer leur capacité de générer une valeur à long terme à la fois pour les investisseurs et la société.