Bâtons de dynamite rouge éteints.
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Les FNB ont été accusés de tous les maux depuis leur création. Leurs détracteurs les tiennent pour responsables des épisodes de volatilité sur les marchés, et clament déjà qu’ils seront à la source de la prochaine crise financière. La firme de négociation Jane Street se porte à leur défense dans un rapport où elle affirme qu’il s’agit là d’accusations non fondées.

La crainte la plus répandue dans le monde des FNB concerne le déséquilibre potentiel entre la liquidité de ces fonds et celle des titres qu’ils détiennent, explique Bloomberg. Selon certains investisseurs obligataires, cela pourrait exacerber une vente massive de titres de créance qui déstabiliserait le marché.

Dans son rapport, Jane Street conclut toutefois que les FNB ne présentent pas de risques particuliers en la matière.

« Les FNB de crédit vont devenir plus coûteux à négocier sur un marché en crise, mais ils ne posent pas de risque systémique, écrit Andrew Upward, stratège en FNB pour la firme new-yorkaise. Rien dans la structure des FNB de dettes ne suggèrent qu’ils seront la cause de transactions désordonnées sur les titres sous-jacents qu’ils détiennent. »

L’ARBITRAGE QUI FAIT PEUR

Les craintes liées aux FNB viennent du fait que lorsque les vendeurs réduisent le prix de leur fonds à un niveau inférieur à la valeur totale des avoirs qu’ils détiennent, les mainteneurs de marché comme Jane Street achètent les actions contenues dans le FNB en les échangeant contre les obligations sous-jacentes. Ce processus appelé « rachat en nature » permet ensuite aux mainteneurs de marché de vendre les titres acquis à un prix légèrement supérieur, en réalisant au passage un petit bénéfice.

Certaines firmes se sont même spécialisées dans ce type d’arbitrage. Grâce à des technologies plus récentes, elles sont en mesure de prendre les banques de vitesse.

Andrew Upward se veut rassurant par rapport à cette pratique. Il soutient que si le cours des fonds d’obligations semble avoir chuté trop rapidement, les mainteneurs de marché estimeront sans doute qu’il est plus logique de les conserver et de les vendre une fois que leur prix se sera redressé plutôt que de s’en départir en catastrophe, alimentant du même coup une crise.

Le spécialiste poursuit en expliquant que les FNB pourraient au contraire freiner une éventuelle crise sur le marché obligataire, car les mainteneurs de marché augmenteront leurs frais de transaction dans un marché moins liquide, ce qui découragera les investisseurs de vendre leurs titres à revenu fixe sur un coup de tête.

Il faut toutefois mentionner que Jane Street a tout intérêt à se porter à la défense des FNB. Chaque jour, la société négocie pour 1,6 G $US de FNB obligataires, note Bloomberg.