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Vos clients sont intéressés par des rendements garantis d’au moins 30 %? Non, ce n’est pas « trop beau pour être vrai »! Et c’est à la portée de tous les parents ou grands-parents, si l’on en croit un nouveau livre consacré aux régimes enregistrés d’épargne-études (REEE).

Rédigé par le planificateur financier Charles Hunter-Villeneuve, déjà auteur d’un ouvrage consacré aux aspects légaux du testament et du mandat de protection notariés, cet outil pratique s’intitule Lire et Tirelire : REEE.

Interrogé par Conseiller, le Pl. Fin. explique l’avoir écrit après avoir constaté que beaucoup de détails concernant ce type de produits demeurent souvent méconnus du grand public… et parfois même des professionnels. « Dans ma pratique quotidienne, j’ai remarqué que beaucoup de clients n’en profitaient pas complètement, c’est ce qui m’a incité à vouloir faire partager quelques informations et conseils qui permettront aux consommateurs de maximiser les retombées de leur REEE ».

Pour Conseiller, il les a scindés en cinq parties distinctes qui doivent, selon lui, être mises en pratique spécifiquement en décembre.

1- EMPRUNTER POUR COTISER À SON RÉGIME

Le fait d’emprunter pour cotiser à un REEE en décembre afin de payer le moins d’intérêt possible peut être une bonne opération, explique Charles Hunter-Villeneuve. « Si je contracte un prêt durant cette période, il est certain que je payerai moins d’intérêt que si je le faisais en janvier, puisque je suis rendu au 12e mois de l’année. » Autrement dit, si l’enfant de votre client a 13 ans, par exemple, et que ses parents veulent souscrire pour lui un régime enregistré, ils ont intérêt à le faire en décembre de chaque année plutôt qu’en janvier ou en avril.

« Si le taux de la marge de crédit hypothécaire avoisine les 4 % et que votre client est sûr d’avoir 30 % avec les subventions, alors c’est assez rentable, poursuit-il. Mais attention, il faut généralement que son enfant ait déjà un certain âge, au moins 12 ou 13 ans, pour que cela en vaille la peine. » Celui-ci ajoute que l’opération n’est pas nécessairement intéressante : « Chaque situation est unique et mérite d’être analysée avec son conseiller », insiste-t-il.

La force de cette stratégie réside dans le fait que, une fois l’enfant rendu aux études postsecondaires, il est possible de retirer du capital libre d’impôt pour rembourser le prêt. Ainsi, votre client pourrait emprunter le montant maximum donnant droit aux subventions lorsque son enfant a 14 ans, puis répéter le même processus jusqu’à l’année de ses 17 ans. « Lorsqu’il atteint l’âge de 18 ans, on rembourse ensuite le prêt et on conserve les subventions qui auront été versées au fil des ans », détaille-t-il, soulignant qu’effectuer l’emprunt en décembre permettra de payer moins d’intérêt durant l’année.

2- OUVRIR UN REEE EN PROFITANT DES SUBVENTIONS

Décembre est aussi le dernier moment pour ouvrir un REEE et profiter des subventions pour les parents d’enfants qui seront âgés de 15 ans au 31 décembre, insiste Charles Hunter-Villeneuve. Celui-ci rappelle que pour pouvoir bénéficier des subventions durant l’année des 16 ans ou 17 ans de leurs enfants, ils doivent avoir cotisé à hauteur de 2 000 $ ou de 100 $ au cours des quatre dernières années, et ce, avant le 31 décembre de l’année où ceux-ci auront 15 ans.

Le Pl. Fin. relève que chaque année, certains parents qui décident d’ouvrir un REEE pour leur enfant de 16 ou 17 ans ne parviennent pas à recevoir ces subventions. Par exemple, dans le cas d’un enfant âgé de 16 ans ou qui les aura au 31 décembre, et dont les parents n’auraient jamais versé de tels montants en cotisations au cours des années précédentes, il est déjà trop tard, explique-t-il. Pour éviter ce problème, Charles Hunter-Villeneuve recommande donc aux parents d’un enfant qui aura 15 ans au 31 décembre de se dépêcher de lui ouvrir un REEE avant cette date en y déposant au moins 2 000 $. Et ensuite d’y verser autant que possible jusqu’à atteindre un montant total de 5 000 $ pour bénéficier des subventions s’ils y ont droit. Et dans le cas où ils ne disposeraient pas de cet argent, le Pl. Fin. indique qu’ils peuvent toujours utiliser le prêt REEE.

3- COTISER ET MAXIMISER LES SUBVENTIONS

Le mois de décembre est le dernier moment où il est possible de cotiser et de maximiser les subventions du REEE des enfants âgés de 16 ans et de 17 ans, rappelle Charles Hunter-Villeneuve. « S’ils ont des droits, c’est leur dernière chance de cotiser et, si le client n’a pas les sous, il peut emprunter pour le faire [voir le point numéro 1]. Vu que le parent peut sortir du capital libre d’impôt pour rembourser le prêt en à peine deux ans, il est très rentable d’emprunter à environ 4 % s’il dispose d’une marge de crédit hypothécaire pour avoir 30 % de subventions. Comme on est relativement sûr que les taux n’augmenteront pas en flèche au cours de cette période, c’est une démarche prudente. »

4- PROFITER DU BON D’ÉTUDES CANADIEN

Pour les familles à revenus modestes, décembre représente la dernière chance de profiter du bon d’études canadien (BEC). Si leur enfant est âgé de 18 à 21 ans au 31 décembre, il peut ouvrir un REEE sans y verser le moindre dollar et demander ensuite le BEC de façon rétroactive pour toutes les années d’admissibilité où il n’a pas été versé. Dans ce cas de figure, il pourra donc obtenir un maximum de 2 000 $ d’un coup. En revanche, si l’enfant aura 22 ans au 31 décembre prochain, il est trop tard.

5- NE PAS RETIRER DES SOMMES EN CAPITAL DU REEE

Enfin, décembre est également un mois durant lequel il faut faire attention de ne pas retirer des sommes en capital du REEE si on y a cotisé durant l’année, avertit Charles Hunter-Villeneuve. Celui-ci rappelle que, contrairement à ce qui se passe au fédéral, la subvention offerte par Québec est déterminée à partir des cotisations nettes (c’est-à-dire les cotisations déposées moins celles retirées) et que le souscripteur risque donc de s’en faire « couper » une partie par le gouvernement provincial s’il retire un montant de capital la même année qu’il en dépose. « Par exemple, si vous avez cotisé dans le REEE cette année pendant que votre enfant avait toujours 17 ans, commencez à retirer un montant en capital du REEE à compter du 31 mars 2018 seulement », suggère le Pl. Fin.

Pourquoi attendre plutôt que de le faire dès le mois de janvier? « Parce qu’il y a un délai d’environ 90 jours entre le moment où l’information est transmise par votre institution financière et celui où elle parvient au gouvernement et que durant ce laps de temps, celle-ci doit l’aviser des retraits en capital. »

Son conseil? « Si vous avez cotisé durant l’année des 17 ans de votre enfant, privilégiez un retrait en revenus, aussi appelé paiement d’aide aux études, ou PAE, au lieu d’un retrait en capital. Et quel que soit le mois de son anniversaire, attendez après le 31 mars de l’année de ses 18 ans avant de faire votre premier retrait en capital afin de ne pas risquer de perdre une partie ou la totalité de la subvention provinciale québécoise.