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Les effets de la pandémie de COVID-19 se font ressentir dans les bureaux de Revenu Québec, où l’on a traité environ deux millions de déclarations de revenus de moins qu’à la même période l’an dernier.

S’il ne fait aucun doute que la crise a bousculé les habitudes de vie des Québécois, il reste à voir si c’est par manque de temps, problèmes de liquidités ou tout simplement parce qu’ils ont d’autres préoccupations que ces contribuables attendent jusqu’à la nouvelle date limite du 1er juin pour envoyer leur déclaration.

« Ces données témoignent des répercussions importantes de la pandémie sur la période de production des déclarations de revenus », reconnaît Martin Croteau, porte-parole de Revenu Québec, en entrevue à la Presse canadienne. Il souligne toutefois que cela démontre également de « la pertinence et l’utilité des mesures d’assouplissements annoncées par Revenu Québec » et l’Agence du revenu du Canada (ARC).

« La date limite pour produire et transmettre une déclaration de revenus pour l’année d’imposition 2019 serait normalement le 30 avril, mais cette année exceptionnellement, en raison de la pandémie, c’est le 1er juin 2020 », rappelle-t-il.

« À l’évidence, beaucoup de Québécois se sont prévalus de ce report. En date du 7 mai, on avait reçu 4 090 000 déclarations de revenus et si je compare à la même date l’année dernière, on était à 6 019 000. »

SEMBLABLE AILLEURS AU CANADA

À l’échelle du pays, le constat est similaire, avec un peu plus de 17 millions de déclarations acheminées à l’ARC en date du 4 mai, sur quelque 30 millions de déclarations produites annuellement.

Les fonctionnaires ne chôment pas pour autant, d’autant plus qu’à Revenu Québec ils ont reçu la directive de traiter un peu plus rapidement les déclarations des contribuables qui attendent un remboursement d’impôt dans un contexte où des milliers de Québécois ont cessé de travailler pendant la période de confinement.

À l’inverse, ceux qui ont de l’impôt à payer ont plus de temps pour rembourser leur dette.

« Si vous devez de l’argent à Revenu Québec, vous avez jusqu’au 1er septembre pour payer ce solde. Donc, vous produisez la déclaration dans les délais, mais vous avez quelques mois supplémentaires pour payer votre solde », explique M. Croteau.

LA TRANSMISSION ÉLECTRONIQUE POPULAIRE

Autre observation, tant du côté de Revenu Québec que de l’ARC, la transmission de la déclaration fiscale par Internet est populaire, mais aussi très pratique en temps de pandémie où les gens sont confinés à la maison.

« En date du 7 mai 2020, sur les 4 090 000 déclarations reçues, il y en avait 3 639 000 qui avaient été transmises par voie électronique », précise Martin Croteau qui souligne qu’environ neuf déclarations sur 10 sont transmises à Revenu Québec par voie électronique grâce au système ImpôtNet.

À l’ARC, c’est 92 % des déclarations de revenus pour l’année d’imposition 2019 qui ont été acheminées par voie électronique en date du 4 mai. Sur quelque 17 millions de déclarations de revenus traitées à l’ARC, plus de 11,3 millions de contribuables canadiens avaient droit à un remboursement d’impôt, dont le montant moyen tournait autour de 1 800 $.

Martin Croteau voit cette popularité grandissante d’Internet pour transmettre sa déclaration de revenus comme « une très bonne chose ».

« Cela a beaucoup diminué les effets que la pandémie aurait pu avoir sur nos activités. Le délai de traitement moyen par Revenu Québec est resté à peu près le même malgré les circonstances actuelles », note M. Croteau.