« Je conçois mon rôle comme celui d’un ambassadeur de l’industrie de la finance à Montréal, mais aussi d’un représentant de Montréal dans le secteur, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde », affirme Frederick Chenel.

Dans une entrevue accordée à Conseiller, le nouveau président de CFA Montréal fait part de ses projets en vue d’« apporter encore plus de visibilité et de rayonnement sur le plan international » à l’association.

Pour atteindre cet objectif, il entend « poursuivre l’œuvre » de ses prédécesseurs, notamment en continuant à attirer de grands noms de l’industrie financière, comme le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, qui prendra la parole devant l’association cet automne. Dans le passé, celle-ci a déjà accueilli des célébrités de la finance telles que l’ex-président de la Réserve fédérale Ben Bernanke ou la femme d’affaires américaine Sallie Krawcheck, rappelle-t-il.

« En tant que président de CFA Montréal, je serai très impliqué avec le CFA Institute. Je participerai donc à des conférences et à différents événements qui me permettront d’établir des contacts avec des gens provenant de partout dans le monde et d’assurer la promotion de la place de Montréal », ajoute le dirigeant.

Dans cette optique, il a par exemple l’intention « de créer ou de renforcer un plus grand nombre de partenariats avec d’autres organismes ou événements qui promeuvent eux aussi la finance dans la métropole, comme Finance Montréal, l’Institut québécois de planification financière ou encore le Forum économique des Amériques ».

« Il est très important que nous puissions tous travailler ensemble pour faire encore plus rayonner la ville en tant que place financière internationale », affirme-t-il.

PLUS D’ACTIVITÉS DE FORMATION

Le dirigeant estime qu’il faudra aussi « en faire davantage en matière d’éducation financière », spécialement par rapport aux étudiants. « Nous allons mettre l’accent sur la promotion du titre de CFA et expliquer aux jeunes les occasions de carrière qu’ils peuvent avoir dans cette branche », explique-t-il.

« L’examen du CFA est l’un des plus difficiles qui soit, au point qu’aujourd’hui, seul un candidat sur cinq parvient à terminer le programme et à devenir analyste financier agréé. Mon but est de mieux encadrer les quelque 2 000 candidats que nous accueillons chaque année en moyenne et de leur offrir davantage de soutien pour obtenir un meilleur taux de réussite », précise Frederick Chenel.

Citant un sondage mené au printemps par l’association, celui-ci souligne que « 94 % des membres se disent satisfaits de son organisation, mais qu’ils souhaitent bénéficier d’un plus grand nombre d’activités de formation, tant sur des aspects purement financiers du métier qu’en matière de réseautage, par exemple ». Par conséquent, il prévoit également « travailler à développer ce secteur ».

« Avec plus de 2 500 membres, CFA Montréal est aujourd’hui la 10e plus importante association de CFA dans le monde et je vais m’efforcer d’augmenter le nombre de candidats qui souhaitent nous rejoindre en faisant la promotion de toutes nos activités », insiste l’analyste financier.

Le nouveau patron de CFA Montréal entend par ailleurs « faire en sorte qu’il y ait davantage de femmes en finance ». « Même si c’est un domaine que nous développons depuis quelques années déjà, je pense qu’il faut accélérer dans cette voie et inciter plus de femmes à se tourner vers des carrières dans l’industrie ». Pour cela, il compte « aller encore plus dans les universités et les cégeps pour expliquer aux étudiantes qu’elles peuvent avoir beaucoup de succès dans le secteur et que celui-ci a besoin qu’elles soient plus nombreuses ».

« Seuls 16 % de nos membres sont des femmes, ce qui est trop peu, même si la bonne nouvelle est que, désormais, 25 % de nos candidats sont des candidates », indique-t-il.

PRUDENCE SUR LES QUESTIONS CONTROVERSÉES

Interrogé sur les grands enjeux qui concernent aujourd’hui l’industrie, Frederick Chenel dit ne pas souhaiter se prononcer sur certains sujets, comme la nouvelle loi 188, l’éventuelle disparition de la Chambre de la sécurité financière ou encore la suppression possible des commissions intégrées, même si plusieurs des membres de son organisation sont directement concernés. « Au total, environ 20 % de nos membres sont payés sur la base de commissions et, en cas d’abolition des commissions intégrées, un membre sur cinq serait donc directement concerné », précise-t-il.

« À CFA Montréal, traditionnellement, nous ne nous prononçons pas sur ce genre de question, notre mission consiste à soutenir nos membres en cas de changement, et c’est tout, affirme le dirigeant. Nous vivons dans un monde qui est en évolution constante et, dans ce contexte, CFA Montréal a pour mission de soutenir ses membres en toute circonstances, poursuit-il. Par exemple, en cas de changement d’une loi ou d’un règlement, nous devons faire en sorte que si cela a des conséquences pour une partie d’entre eux, nous puissions leur venir en aide, notamment en les informant le mieux possible. »

L’OCCASION FINTECH

Le président de l’association se montre en revanche plus prolixe au sujet des fintech, estimant qu’il s’agit là « à la fois d’une menace et d’une occasion », mais qu’il préfère considérer la seconde option. « C’est avant tout une chance, surtout pour Montréal, qui occupe une place de choix dans le monde, tant sur le plan de la finance que pour tout ce qui concerne les nouvelles technologies. Je crois qu’il faut trouver une façon de marier l’univers de la finance et celui des fintech dans la même ville afin d’en faire une cité de pointe dans ce domaine. »

Pour atteindre cet objectif, Frederick Chenel rappelle que CFA Montréal a par exemple établi un partenariat avec Finance Montréal, qui organise à l’automne un forum consacré aux nouvelles technologies dans le secteur des services financiers. Et le conseil d’administration de l’association vient d’accueillir « quelqu’un qui aura pour tâche de s’occuper des technologies financières et de voir ce que nous pouvons faire pour nos membres à ce chapitre, notamment en matière de formation et d’information ».

« Au cours des 12 prochains mois, nous ferons beaucoup plus de choses dans ce domaine. Nous sommes très au fait que les fintech vont prendre de plus en plus de place dans notre industrie et nous allons travailler fort pour que nos membres puissent en bénéficier pleinement », promet-il.

Frederick Chenel en bref

Avant d’être nommé président de CFA Montréal, Frederick Chenel était secrétaire et responsable de la gouvernance au sein de l’association.

Vice-président, membre de l’équipe des Marchés institutionnels et responsable des relations avec les consultants chez Fiera Capital depuis 2010, il a « participé activement à l’effort de marketing auprès de diverses sociétés-conseils et clients institutionnels », indique la firme. Il est par ailleurs membre de son équipe institutionnelle de stratégies alternatives et responsable du marketing et du développement de ces stratégies.

Frederick Chenel compte 12 ans d’expérience dans le domaine du placement, mais il a également occupé des postes de chef de pratique et d’analyste de recherche auprès d’une importante société canadienne de conseil en placements. Il est détenteur d’un baccalauréat en commerce de l’Université McGill avec une majeure en finance, ainsi que de la désignation d’analyste financier agréé (CFA).

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