La réduction de la charge fiscale des particuliers et des entreprises devrait être la priorité des gouvernements, estiment les propriétaires de PME, selon un sondage réalisé par la Fédération de l’entreprise indépendante (FCEI).

À l’aube du dépôt du budget provincial, 41 % des entrepreneurs sont d’avis que le gouvernement doit insister sur la réduction de l’impôt des entreprises. Pour l’impôt des particuliers, cette proportion grimpe à 43 %.

Les entrepreneurs souhaitent une diminution du taux d’imposition de 8 % à 3 %.

Les propriétaires de PME accordent également beaucoup d’importance au remboursement de la dette (41 %) et à l’augmentation des dépenses en santé et en éducation (41 %). L’éducation, la santé et les infrastructures publiques sont d’ailleurs les trois principaux postes budgétaires qui devraient bénéficier d’une augmentation, selon les entrepreneurs.

Cela dit, les trois quarts des répondants sont d’avis que Québec dispose encore de la marge de manœuvre nécessaire pour réduire ses dépenses sans nuire à la qualité des services à la population. Une forte majorité d’entre eux (87 %) estiment en outre que le gouvernement fait bien de réduire ses dépenses pour équilibrer le budget.

Plutôt que d’imposer de nouvelles taxes, les entrepreneurs sont nombreux à penser (90 %) que la province devrait exploiter « de manière responsable » ses ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais, etc.).

FAVORISER L’INVESTISSEMENT

Les PME souhaitent un gel ou une réduction des tarifs d’électricité, ainsi que l’abolition progressive des cotisations au Fonds des services de santé (FSS).

Mais une réduction du fardeau fiscale des PME se traduirait-elle réellement en investissement? Il semblerait que oui, selon le sondage de la FCEI : 58 % d’entre elles augmenteraient la rémunération de leurs employés, 48 % feraient l’acquisition de machines ou d’outillage, 44 % rembourseraient leur dette et 39 % embaucheraient de nouveaux employés.

Une demande formelle et concertée

Six organismes ont uni leurs voix lundi en demandant au gouvernement de reculer sur sa décision de hausser de 8 % à 11,8 % le taux d’imposition des petites entreprises de trois employés et moins, mais également d’abaisser le taux d’imposition de toutes les PME à 4 %.

L’Association de la construction du Québec (ACQ), l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) jugent qu’une telle hausse d’impôt pour les entreprises plus réduites risque d’avoir des impacts importants sur les petits détaillants, les jeunes qui se lancent en affaires et les entreprises de service, entre autres.

Le regroupement soutient qu’à l’exception des entreprises des secteurs manufacturier et primaire pour lesquels le taux d’imposition a été ou sera réduit à 4 %, les PME québécoises sont imposées à 8 %, soit plus du double de la moyenne du reste du Canada, qui est de 3 %.

« Considérant que les petites et moyennes entreprises sont les principales créatrices d’emploi au Québec, nous souhaitons que le gouvernement offre le même traitement à toutes les PME du Québec, et ce, dans tous les secteurs d’activité. En leur donnant ainsi de l’air, on créerait les conditions gagnantes pour qu’elles puissent poursuivre leur croissance et contribuer pleinement à l’économie du Québec », ont soutenu les porte-paroles des organismes concernés.

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