Une période plus sombre pour le marché de l’emploi. C’est ce que laisse envisager la troisième édition du bulletin Flash-Emploi CRHA, publiée le 29 juillet. Ce constat se base sur le déséquilibre observé entre le dynamisme des PME et le « climat d’austérité » qui s’installerait actuellement au sein des secteurs public et parapublic, lequel génère un impact négatif sur le marché du travail.

Florent Francœur, ‎président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, a eu ces quelques mots pour décrire le contexte ambiant : « Le constat est clair à travers l’ensemble des résultats : l’optimisme et la vigueur des PME, ainsi que dans les secteurs de fabrication, sont contrebalancés par le pessimisme des grandes organisations, surtout dans le secteur public et parapublic. La situation est préoccupante et il sera important pour le gouvernement de la suivre de près au cours des prochains mois. Il serait dommage que le secteur public et parapublic tire l’économie du Québec vers le bas. »

En chiffres

L’étude Flash-Emploi CRHA a été menée auprès de 284 professionnels en ressources humaines représentant plus de 170 000 employés.

– Pour ce troisième trimestre, l’indice d’embauche s’établit à 3,6 %, une chute de 23,8 % par rapport au trimestre précédent. Cet indice représente la différence entre les organisations qui prévoient augmenter le nombre d’employés et celles qui prévoient faire des mises à pied. Pour les trois prochains mois, 62,4 % des entreprises sondées ont indiqué que « le nombre d’employés demeurerait stable ».

– Plus de 80 % des professionnels de la gestion des ressources humaines prévoient une stabilité du côté de l’indice des heures travaillées. La différence nette entre la part de répondants anticipant une hausse et celle prévoyant une baisse des heures travaillées s’établit à -3,1 %, une baisse marquée comparativement au résultat du dernier trimestre (+22,1 %).

– Les répondants de grandes entreprises s’attendent à une stagnation de l’embauche (-2 %), contrairement à ceux des petites entreprises, qui sont fort optimistes (+39 %), et ceux des moyennes firmes (+18 %).

– Les entreprises manufacturières ont des attentes plus positives (+29 %) que celles des services privés (+5 %), tandis que la fonction publique et le secteur parapublic s’attendent à une cure minceur pour le trimestre à venir (-18 %).

– Les professionnels en ressources humaines pensent qu’il sera plus facile de trouver le candidat idéal comparativement au trimestre précédent (+26,2 % contre 36,4 %).

– L’indice de hausse salariale par rapport à l’inflation demeurerait positif (+9,2 %) malgré une hausse de l’inflation lors des 12 mois précédant le sondage.