En dépit d’un ralentissement économique qui perdure, les marges bénéficiaires des sociétés canadiennes font preuve de vigueur. En plus d’avoir atteint un sommet historique de 27 ans au cours du quatrième trimestre 2014, le rapport EcoResearch, publié par Marchés mondiaux CIBC, leur prédit une performance en hausse au cours des prochains mois.

Concrètement, le document recense les faits et performances suivants :

  • la marge bénéficiaire moyenne de l’ensemble des entreprises a atteint 8,2 % du chiffre d’affaires au cours du T4 2014, un pic par rapport au taux de 7,6 %, déjà le plus élevé depuis 27 ans;
  • l’écart observé entre les marges bénéficiaires (exception faite des sociétés liées au secteur de l’énergie, durement éprouvées au cours des derniers mois) et la croissance du PIB réel est similaire aux autres périodes sans récession des 25 dernières années;
  • les marges bénéficiaires des sociétés s’établissaient en moyenne à moins de 5 % il y a plus de dix ans, mais certains changements structurels survenus au cours des dernières années l’ont amené à 6 %;
  • les marges ont gagné annuellement près de 1 % depuis 2012;
  • la baisse des coûts de main-d’œuvre (-2,5 %) et la chute du dollar canadien (-25 %) seraient les deux facteurs structurels les plus importants ayant généré la hausse des marges bénéficiaires.

L’effet combiné de plusieurs facteurs haussiers

« Selon toutes les indications, les marges bénéficiaires supérieures des sociétés sont là pour rester », a déclaré par voie de communiqué Benjamin Tal, économiste en chef adjoint de la Banque CIBC et auteur du rapport.

La mondialisation, l’innovation, la baisse du coût du capital, les règles protectionnistes et le pouvoir de négociation réduit de la main-d’œuvre auraient tous eu un impact sur la hausse recensée.

Selon M. Tal, des marges supérieures à la moyenne attirent la concurrence et les investissements qui peuvent toutefois réduire la rentabilité globale. D’où là une théorie voulant que celles-ci aient tendance à revenir à la moyenne. Mais ladite moyenne pourrait s’être appréciée et demeurer, comme le souligne l’auteur du rapport. Ce que tend à confirmer la hausse continue des marges depuis 2001, qui serait redevable à des facteurs haussiers d’ordre structurels, et donc permanents.

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