Un tiers des entrepreneurs britanniques se sentent à l’aise lorsqu’ils ont assez de liquidités pour couvrir un an de dépenses courantes, mais la plupart ne bénéficient pas d’un tel coussin. Au contraire, ils sont même endettés.

C’est ce que révèle une récente recherche du fournisseur de services commerciaux Paymentsense. On y découvre que 41 % des propriétaires de petites et moyennes entreprises (PME) n’ont pas de fonds d’urgence. Ainsi, 2,3 millions de PME britanniques n’ont pas de plan B en matière financière.

MOINS CONFIANTS

Cette fragilité se répercute dans certains indices de confiance compilés par la banque de développement British Business Bank. La proportion d’entrepreneurs qui estiment être admissibles à un prêt a baissé de 58 % à 43 %, rapportait-elle récemment. Le rapport souligne justement une baisse du crédit aux PME lorsqu’on compare les trois mois précédant août 2017 aux trois mois précédant novembre 2017.

L’augmentation attendue des taux d’intérêt n’a rien non plus pour rassurer les PME les plus fragiles financièrement.

LES PME AIMENT L’ARGENT LIQUIDE

De leur côté, les entreprises qui ont des réserves financières favorisent l’épargne en liquide, révèle l’étude de Paymentsense. Elle a la faveur de 59 % d’entre elles.

Un tiers (34 %) compte sur l’immobilier et près d’un quart (23 %) sur une autorisation de découvert. Les usines et l’équipement sont considérés comme un coussin financier par 20 % des entrepreneurs et la carte de crédit, par 17 % d’entre eux.

DES DETTES DURES À REMBOURSER

L’endettement est aussi source d’inquiétude. Près des deux tiers (61 %) des propriétaires de PME sont endettés et doivent rembourser en moyenne 3 589 livres sterling (6 292 $CA) par mois.

Plus de la moitié peine à rembourser et retarde les paiements pour alléger le problème de liquidité. Plus d’un sur cinq (21 %) le fait même au moins une fois par mois.

C’est d’autant plus inquiétant qu’en tant qu’administrateurs, les propriétaires de PME cautionnent souvent en leur nom des prêts contractés par l’entreprise. En cas de faillite de la société, ce sont donc les finances personnelles de l’entrepreneur qui sont menacées. Une expérience fort désagréable notamment illustrée dans une étude de cas publiée par le Journal de Montréal. Cofondateur d’une entreprise familiale qui a fait faillite après 20 ans en activité, l’entrepreneur s’est ainsi retrouvé avec plus de 450 000 dollars de dettes et aucun revenu.

VOIR VENIR

« Nous savons que de se sentir confiant financièrement est crucial pour les propriétaires de petites entreprises, soutient Guy Moreve, directeur du marketing de Paymentsense. En plus de les aider à dormir la nuit, cela permet une planification fiscale précise de la croissance à long terme plutôt que de simplement survivre. Avoir un coussin n’est qu’un partie de l’équation. Surveiller les liquidités et contrôler de façon proactive le recours au crédit est aussi essentiel. »

Le rôle du coussin financier n’est pas pour autant négligeable. « Mettre un peu d’argent de côté chaque mois aide à passer au travers des ralentissements commerciaux et à payer des dépenses imprévues, poursuit Guy Moreve. Quelque chose d’aussi simple qu’un rapport hebdomadaire sur les liquidités peut donner un aperçu de la situation qui permet de prévenir des problèmes. »

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