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Incapables de trouver de la main-d’œuvre localement, les PME québécoises recrutent de plus en plus à l’étranger pour combler leurs nombreux postes vacants. De nouvelles règles sur l’immigration en vigueur depuis la semaine dernière pourraient d’ailleurs leur donner un bon coup de main.

L’objectif du nouveau système mis en place par Québec est de sélectionner les candidats à l’immigration en fonction des besoins socioéconomiques des différentes régions de la province, souligne Radio-Canada. Fini, donc, le modèle du premier arrivé, premier servi, qui prévalait jusqu’à tout récemment pour les candidats admissibles au Programme régulier des travailleurs qualifiés du Québec.

Les candidats disposant d’une formation ou d’une expérience de travail très recherchée dans des secteurs où les besoins en main-d’œuvre sont criants seront donc avantagés. Les nouvelles règles visent aussi à encourager les immigrants à s’installer à l’extérieur de Montréal.

Québec affirme que cette nouvelle façon de faire permettra de diminuer les délais de traitement des demandes, qui passeront de 32 mois à moins d’un an.

Après avoir transmis leurs formulaires de déclaration d’intérêt au ministère de l’Immigration du Québec, les candidats se verront attribuer une note en fonction de leurs compétences, leur expérience professionnelle, leur scolarité et leur connaissance du français. Les candidats les mieux notés pourront présenter une demande de certificat de sélection, qui peut mener à la requête de résidence permanente.

LES MILIEUX D’AFFAIRES SATISFAITS

Les nouvelles règles introduites la semaine dernière ont été généralement bien accueillies dans les milieux d’affaires.

« Il s’agit d’un pas important pour améliorer l’accès au travail et l’intégration des personnes immigrantes. La déclaration d’intérêt privilégiera des candidatures qui répondront le mieux aux besoins des entreprises », soutient Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Selon l’organisme, les besoins en main-d’œuvre sont particulièrement criants dans les régions du Québec, où se trouvent près de 55 % des postes à combler.

La Fédération déplore toutefois que la grille de sélection permettant d’évaluer les candidatures n’ait toujours pas été revue et que, dans sa forme actuelle, elle favorise la surqualification des immigrants sélectionnés. Les entreprises qui recherchent des travailleurs ayant un niveau de spécialisation moins élevé sont donc désavantagées.

« Pour poursuivre leur croissance et maintenir leur compétitivité, les entreprises du Québec ont besoin de plus de travailleurs aux qualifications diverses. Il s’agit d’une problématique à laquelle le règlement adopté aujourd’hui ne répond pas. Nous invitons le gouvernement à revoir rapidement la grille de sélection, afin de donner la pleine mesure à cette nouvelle approche bienvenue et nécessaire », indique Stéphane Forget.