Alors que la génération Y occupe une part de plus en plus importante de la clientèle des commerçants, de nombreuses PME accusent un retard important en matière de commerce électronique. Un désavantage concurrentiel qui pourrait leur coûter cher si rien n’est fait pour accélérer le virage numérique.

Selon l’étude Diagnostic sectoriel de la main-d’œuvre du commerce de détail au Québec, le secteur du commerce de détail a connu en 2015 un taux de croissance de 1 % dans la province avec des ventes de 109 milliards de dollars. Au total, 7,6 % des revenus des détaillants présents en ligne proviennent du commerce électronique.

Menée par Détail Québec auprès de 1000 employeurs, travailleurs et spécialistes, l’étude révèle aussi que la révolution amorcée par la démocratisation du commerce électronique et les réseaux sociaux sera accélérée par le changement de garde générationnelle.

« La génération Y, élevée avec la technologie, arrive à la période de vie où elle dépensera le plus, indique Léopold Turgeon, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail. Par ailleurs, ses membres dictent une nouvelle expérience du commerce de détail puisqu’ils sont d’importants acheteurs en ligne. Cependant, peu de détaillants québécois répondent à leurs attentes avec des sites attrayants et transactionnels. Un coup de barre s’impose! »

Pour rivaliser avec les grandes chaînes, les petits commerçants devront s’adapter vite et bien, adopter une politique de prix concurrentielle, définir leurs caractéristiques distinctives et miser sur une expérience ludique et technologique pour leurs clients.

Les PME dans le commerce de détail auraient également avantage à utiliser différents canaux (boutique, site transactionnel, médias sociaux, etc.), tout en facilitant le passage d’un canal à l’autre durant l’expérience de magasinage.

L’implantation d’une telle stratégie représente toutefois un défi de taille pour les détaillants, qui devront arrimer les canaux pour procurer une expérience unique au consommateur, répondre rapidement et adéquatement sur tous les canaux, particulièrement les médias sociaux, et mettre en place une nouvelle structure opérationnelle.

RENDEMENT

Les commerces de détail ne sont pas les seuls à devoir entreprendre une modernisation de leurs activités. Le secteur industriel est lui aussi mis sous pression. Mais selon une étude de PwC, les entreprises manufacturières peuvent s’attendre à retirer d’importants bénéfices de leurs investissements numériques du point de vue des coûts, de l’efficience et de la rentabilité.

D’après l’enquête Industry 4.0 : Building the digital enterprise, les sociétés industrielles à l’échelle mondiale consacreront un peu plus de 900 milliards de dollars à la numérisation au cours des cinq prochaines années et 55 % d’entre elles (65 % au Canada) prévoient enregistrer des rendements importants d’ici deux ans. Plus de 80 % de ces sociétés (au Canada et dans le monde) pensent par ailleurs que l’analyse de données influera considérablement sur leurs processus décisionnels d’ici cinq ans.

« Une nouvelle ère de maturité numérique facilitera le passage d’une culture axée sur les produits vers la création de plateformes favorisant une meilleure intégration avec la clientèle et une plus grande capacité d’accéder aux données et d’en tirer profit, afin de permettre aux entreprises de mieux comprendre et anticiper les besoins de leurs clients », explique Matthew Wetmore, leader du groupe national des produits industriels à PwC Canada.

La tendance vers la numérisation semble d’ailleurs s’intensifier chez les manufacturiers : près d’un tiers des entreprises canadiennes estiment avoir déjà atteint un taux élevé de numérisation et prévoient accroître ce taux dans une proportion moyenne de 31 % à 57 % dans les cinq prochaines années

Le rapport note également que 73 % des sociétés industrielles canadiennes estiment que l’investissement dans la formation des employés est une stratégie primordiale pour réussir la transformation numérique. Néanmoins, près de 45 % d’entre elles se fient aux compétences de leurs experts pour l’analyse de données et seulement 12 % se sont dotées de services spécialisés en la matière.

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