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Surfant sur la vague de l’investissement responsable et de l’intégration des critères ESG aux portefeuilles de placement, les obligations vertes sont devenues en peu de temps l’un des outils d’investissement les plus tendances sur le marché.

Il y a un peu plus de 10 ans, la Banque mondiale émettait la toute première obligation verte. Aujourd’hui, la valeur totale de ces titres de créance servant à financer des projets de développement durable dépasse les 500 milliards de dollars américains, selon le Climate Bonds Initiative. Pour l’année 2017 seulement, 1 500 émissions totalisant 156,9 G$ US ont été réalisées dans le monde. Il s’agit d’une hausse de 80 % par rapport à 2016.

Les titres à revenu fixe ne sont plus aussi rentables qu’avant

Vu la complexité des marchés à revenu fixe à l’heure actuelle, la production de rendement de revenu et la gestion du risque nécessitent une gestion active comme celle qu’offrent les FNB de titres à revenu fixe de Placements Franklin Templeton.

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Au Canada, 3,8 G$ ont été émis sur le marché par l’entremise d’obligations vertes en 2017, révèle un rapport de l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM) publié en avril 2018. Les principaux émetteurs ont été la Banque TD (1,25 G$), Exportation et développement Canada (1,1 G$), le gouvernement de l’Ontario (800 M$), le gouvernement du Québec (500 M$) et la Ville d’Ottawa (102 M$).

À noter que le Québec a effectué une deuxième émission d’obligations vertes en juillet dernier. D’une valeur initiale de 100 M$, elle avait pour but de financer la construction du Réseau express métropolitain (REM). Contrairement à la première émission de 1,5 G$ réalisée en 2017, qui s’adressait aux investisseurs institutionnels, l’émission de juillet 2018 était accessible aux petits épargnants par l’intermédiaire d’Épargne placements Québec.

Si on les compare à celles d’autres marchés internationaux, les émissions d’obligations vertes au Canada sont majoritairement réalisées par des organismes publics, et leurs échéances sont plus courtes.

Selon l’ACCVM, ce sont les projets d’énergie renouvelable qui ont récolté la plus grande part des produits d’émission d’obligations vertes en 2017 (33 %). Un recul des investissements dans ce secteur pourrait cependant bénéficier à d’autres secteurs, comme celui des déchets, de l’utilisation du territoire et de l’adaptation.

DES TITRES QUI SE NÉGOCIENT À PRIME

Signe d’une tendance forte, plusieurs gestionnaires d’actif ont récemment lancé des fonds spécialisés dans les obligations vertes, dont AlphaFixe Capital et Addenda Capital au Québec.

Mais qu’est-ce qui pousse les investisseurs à soudainement se ruer sur les obligations vertes? Le rapport de l’ACCVM énumère quelques atouts de ces instruments financiers. En plus de financer des « projets novateurs sur le plan de l’environnement », elles sont généralement offertes à un prix aligné sur la courbe obligataire normale des prêteurs, mais se négocient à prime par rapport aux obligations traditionnelles sur le marché secondaire.

La hausse de l’offre que l’on observera au cours des prochaines années pourrait toutefois avoir certaines conséquences. La prime actuelle par rapport à la courbe des titres de dette traditionnels des émetteurs sera-t-elle maintenue lorsque le nombre  d’émissions d’obligations vertes augmentera?, demande l’ACCVM.

Dans tous les cas, l’association estime que « le marché canadien des obligations vertes ne pourra que prendre de l’expansion au rythme de celle du marché mondial ».

DES OBLIGATIONS VRAIMENT VERTES?

Même si la croissance du marché des obligations vertes est impressionnante, il s’agit toujours d’un marché de niche qui représente à peine 2 % du marché mondial des titres à revenu fixe, souligne le Financial Times en se basant sur des données de Moody’s.

Pour poursuivre sur sa lancée, le marché des obligations vertes devra surmonter certains obstacles. L’un des principaux à l’heure actuelle est le manque de normes et de certifications qui assurent aux investisseurs que les obligations qu’ils achètent sont bel et bien vertes.

Certaines obligations vertes émises en Chine servent par exemple à financer des projets de centrales thermiques au charbon « propre », écrit le spécialiste en économie à retombées sociales Dario Iezzoni sur Les Affaires.

Pour éviter de telles situations d’écoblanchiment, le Climate Bonds Initiative a établi certains standards afin qu’une obligation soit admissible à porter la dénomination « verte ». Les Green Bond Principles de l’International Capital Market Association visent le même objectif. Les agences de notation ont elles aussi développé leur propre méthode d’évaluation des obligations vertes. Or, ces standards, bien que suivis par de nombreux acteurs de l’industrie financière, ne sont pas obligatoires, souligne Bloomberg.