La santé du dirigeant d’une PME devrait être incluse dans les éléments d’actif de l’entreprise et intégrée dans le bilan financier, soutient Richard Delaye, directeur de la recherche et de l’innovation du Groupe IGS, dans Forbes.

Cependant, deux phénomènes y font obstacle : la perception que le dirigeant a de sa santé, ainsi que de son influence sur le fonctionnement et la pérennité de l’entreprise.

D’une part, le patron a souvent le sentiment d’être infaillible et invincible. Un sentiment d’ailleurs renforcé par la perception des employés, qui le considèrent en quelque sorte comme un « héros » un peu à part des autres dans l’entreprise.

D’autre part, confronté aux exigences quotidiennes de la gestion de l’entreprise, le dirigeant dispose de peu de temps pour prendre du recul et réfléchir aux stratégies préventives à déployer pour protéger sa santé.

JAMAIS DE PAUSE

Les dirigeants d’entreprise n’ont pas le temps de faire du sport, de déjeuner sainement et de réaliser un examen de santé régulièrement, révèle une étude d’Olivier Torres, fondateur de l’Observatoire de la santé des dirigeants Amarok, citée par Richard Delaye. Dans ce dernier cas, ce n’est pas trop grave, si l’on se fie aux conclusions du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs, qui réclame l’abandon du bilan de santé annuel, lequel n’aurait pas de réelle répercussion sur la santé.

Selon l’étude de M. Torres, 70 % des dirigeants croient ne pas pouvoir s’arrêter même si le médecin le leur prescrit. Seulement 7 % admettent avoir été en arrêt de travail durant les douze derniers mois, contre 32 % des salariés, une donnée qui pourrait illustrer leur refus de cesser le boulot quand il le faudrait.

GARE AU SURMENAGE

Parmi les dirigeants qui s’affirment en bonne santé, près de quatre sur dix (39 %) admettent avoir un surpoids, près d’un sur cinq (23 %) fume régulièrement et 14 % boivent de l’alcool tous les jours, toujours selon la recherche d’Amarok.

Au Québec, une étude publiée en janvier dernier démontrait qu’un niveau élevé de détresse psychologique avait été identifié chez 71,5 % des entrepreneurs ayant répondu à une enquête sur le sujet. Au moins 11% des répondants souffraient de symptômes de dépression modérée et 6,6 % de dépression sévère.

Le surmenage était cité comme l’un des facteurs déclencheurs. En effet, 43 % des entrepreneurs interrogés travaillaient 50 heures par semaine et seulement 31 % prenaient deux semaines de vacance par année.

L’isolement est un autre facteur de risque. En France, une étude menée conjointement par Amarok et Bpifrance Le Lab révèle que 74 % des dirigeants de PME et d’entreprises de taille intermédiaire ne se sentent pas véritablement entourés et 45 % d’entre eux éprouvent un sentiment d’isolement.

DES CONSÉQUENCES SUR L’ENTREPRISE

Pour autant, le lien entre la santé du dirigeant et celle de l’entreprise reste ardu à établir dans l’esprit des dirigeants.

Pourtant, un patron qui se préoccupe de son état physique et mental pourrait se montrer plus responsable vis-à-vis de celui de ses collaborateurs et employés, croit Richard Delaye. Sensibiliser le dirigeant à l’importance de la santé serait donc à la fois une manière de mettre l’entreprise à l’abri des problèmes si le propriétaire vient à éprouver des ennuis médicaux et d’augmenter la santé globale de tous ceux qui y travaillent. Difficile de croire que la PME n’en bénéficierait pas.

Un sujet pertinent à aborder avec vos clients, qui concerne directement la protection de leur principal actif financier.

La rédaction vous recommande :